Sexué mais pas sexiste

Chers lectrices, chers lecteurs, bonjour. Le sexisme, parlons en encore et toujours, au lendemain de la date qui devrait devenir la fête nationale de la démocratie. Parlons-en autrement, surtout, en ces périodes floues propices à la mise au point.

Avant de démarrer véritablement le sujet qui nous préoccupe, et pour faire écho à de longues heures de discussion acharnée sur Twitter, je souhaiterais préciser une chose : je ne cherche pas à nier le sexisme, ni à nier le machisme ambiant de la société. Je ne suis pas partisan de dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je cherche, aujourd’hui comme depuis quelques semaines maintenant, à combattre UNE vision du sexisme, UN point de vue spécifique qui me paraît erroné. Vous l’aurez compris : nous parlerons encore aujourd’hui de Mar_Lard et du “sexisme geek” qui nous rabat les oreilles depuis plusieurs jours. Les propos qu’elle tient m’apparaissant en contradiction avec ma propre vision du sujet, et ma vision me semblant constructive pour faire avancer le débat du sexisme, je me permets donc d’énoncer mon avis. Et ça tombe bien car comme je suis ici chez moi, je ne vais pas me gêner.

Parlons donc du sexisme chez les geeks, et plus particulièrement du sexisme dans les jeux vidéos (oui, car ces deux mondes sont distincts). Le sexisme dans les jeux est né d’une confusion évidente entre deux imageries radicalement différentes. Et cette confusion que génère Mar_Lard dans son article, à défaut de faire avancer le féminisme, va surtout faire reculer l’univers geek plutôt que de le faire évoluer dans le bon sens. Cet amalgame que j’aborderai aujourd’hui est celui de confondre image sexuée et image sexiste. Quelle est donc la différence entre ces deux images, et quels sont leurs impacts sur les joueurs ?

Le monde vidéoludique est très vaste, et pour commencer beaucoup de jeux n’ont strictement rien à se reprocher du point de vue de l’image de la femme. Et pour cause : l’être humain n’y est pas présent, ni même la notion de genre. Je parle des puzzle-games(Tetris, Bust a move), des jeux de plateau virtualisés(Echecs, Go), des shooters(Warblade, Angry Birds), etc… Ce jeux ne peuvent pas être targués de sexistes : ils ne proposent aucune vision quelle qu’elle soit du genre humain. Et ils représentent à eux seuls une forte majorité de jeux, puisqu’ils sont la composante principale de beaucoup d’applications smartphones, tablettes, jeux flash et moult mini-jeux que l’on retrouve un peu partout. Ces jeux, servent bien souvent à vous occuper au boulot bande de flemmards, ou dans le métro. Ces jeux représentant une bonne part du jeu vidéo “moderne”, la généralisation du sexisme à tout l’univers du jeu n’a donc déjà plus de sens.


Si quelqu’un y voit du sexisme, je pense qu’il faut consulter.

Ensuite, et là nous abordons une forte majorité des jeux, le propos de Mar_Lard et le mouvement dénonciateur du sexisme geek promulgue un amalgame violent. Montrer du sexisme, c’est montrer un déséquilibre (visible ou insidieux) entre deux personnages de sexe différent. Or, pour beaucoup d’exemples auxquels on pourrait penser : jeux de combat, arenas, aventure, etc… les représentations des personnages sont équivalentes : un culte du corps, oui on y montre des femmes dénudées, mais les hommes n’y sont pas différemment lotis. C’est ce qu’on voit dans street fighter, dans Tekken, et j’en passe. Pour beaucoup, les clichés dénoncés par Mar_Lard ne sont que des représentations sexualisées à outrance, mais pas un déséquilibre entre les sexes : il n’y a pas de différence de niveau, de compétence, de difficulté, de gameplay ou d’image entre les sexes. Simplement, les personnages représentés ont en général tendance à respecter des codes de l’habillement plus propre à la drague qu’à la rando en haute montagne.


Maurice, t’as oublié ton t-shirt.

Pour les jeux d’aventure, nous en avons déjà débattu : les pendants “féministes” des grands héros masculins existent : Metroid, Tomb Raider, Beyond Good&Evil, … (je reviens sur la plastique après). Vous n’aimez pas les représentations trop masculinisées des héros de certains jeux ? Ca tombe bien : des alternatives existent déjà ! (et d’autres sont en développement). Le jeu “féministe”, ou je dirais plutôt le jeu non sexiste, existe déjà et il n’a pas attendu Mar_Lard pour se développer.

Beaucoup reprochent aux héros féminines leur plastique, leur apparence physique suggestive, leur habillement fort limité. Tout d’abord, les héros mâles sont traités avec la même culture du corps : Que dire de Sephiroth et son torse nu ? D’Ezio moulé sur le modèle du parfait brun ténébreux ? Ce sont des images sexualisées et variées. Cela vous dérange que les geeks comparent toutes les filles à Lara ? Cela ne m’ennuie pas, personnellement, que ma bedaine ne colle pas vraiment aux pectoraux léchés(au sens figuré, bande de gros dégueulasses) de la famille Auditore. Et je ne parle pas de montagnes de muscles symbolisant dans l’imagerie populaire la victoire du patriarcat, je parle de personnages masculins travaillés pour leur côté sexy. Ils ne vendent pas une image de patriarche ou de protecteur, il vendent une image d’homme séduisant ou à séduire. Ce sont les archétypes des bad boys, des rebelles, des voleurs, des solitaires…. que l’on peut retrouver par exemple dans les jeux comme Final Fantasy.


Si lui c’est un patriarche, on n’est pas rendus.

Reste certains jeux, ceux le plus ouvertement qualifiés de sexistes, que sont les jeux de sport : voiture, football, … Ces jeux pour beaucoup ont vocation a être des simulations, des représentations fidèles des univers qu’ils émulent. A ce sujet, j’opposerais deux arguments. Pour commencer, ces jeux ne sont représentatifs que d’une minorité isolée et identifiée de joueurs : ils correspondent à une cible marketting précise(qui est à peu de choses près la même cible que celle des émissions sur le même thème). Ces jeux, et loin de là, ne sont pas représentatifs des geeks, mais bien d’une simple tranche de joueurs. Et c’est cette tranche de joueurs isolée qui génère toute la généralisation du sexisme au monde des jeux vidéos.
Ensuite, posons une question : est-ce ces jeux dont il faut condamner le sexisme ? Ou est-ce que ce sont les domaines qu’ils dépeignent, tant empreints de misogynie, que celle-ci ressort malgré les développeurs au travers de leurs jeux ? De même si je regarde un film de guerre violent, est-ce le film qui est violent, ou simplement la guerre qui me fait horreur ? C’est pour cela que je persiste, et signe : Mar_Lard se trompe de cible en s’attaquant à ces jeux. Attaquons le sexisme dans le sport, dans l’automobile, dans l’armée, mais pas le sexisme dans les jeux qui y font référence. Lorsque les domaines apparentés auront changé, les jeux s’adapteront d’eux-mêmes.

En dernier point, il est important de s’interroger sur l’impact qu’ont ces jeux sur leur public, et donc sur la séparation entre le virtuel et le réel. Les geeks et gekettes sont les premiers à s’insurger contre les accusations de violence dans les jeux vidéos lors des tueries américaines, contre l’absence de morale à chaque nouveau GTA, etc… Le sexisme n’est pas un sujet à part. Mauvaise nouvelle : OUI les jeux véhiculent, grâce au rampart du virtuel, des messages et des images qui peuvent être contraires à la morale. C’est aussi ça qui en fait le sel : le bonheur d’incarner un/une gangster, un/une voleur(euse), un/une aventurier(ère)… tant de choses qui, justement, sont réservés au monde imaginaire. Comme tous les sujets immoraux traités dans les jeux, taxer le vidéoludisme de sexisme c’est ne pas faire confiance aux joueurs dans leur capacité à faire la différence entre le jeu et le réel.

Et c’est bien dommage.

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La parité chez les informaticiens

L’informatique, c’est bien connu, est un monde où il existe une forte majorité d’hommes, et ce pour tout un tas de raisons aussi diverses que variées (et pas toujours logiques) : le domaine d’activité attire un peu moins les filles, notamment parce qu’il est fermé, il impose des études scientiques précises qui n’attirent pas forcément les bachelières fraîchement diplômées, etc… Ce n’est pas un jugement de valeur mais un état de fait : depuis ma spécialisation dans des études “scientifiques”(c’était le bon temps, ma bonne dame !) j’ai toujours eu une très forte majorité d’hommes dans mon travail.

Ouais, je sais ce que vous allez dire. Que ça va encore être une critique gratuite des féministes(faut dire aussi, elles cherchent). Mais non. Pour une fois, j’ai essayé de me mettre à leur place(Ne riez pas, au fond !). En effet, avant je pensais réellement que le machisme était une histoire d’éducation, persuadé que les gens considérés comme instruits et intelligents étaient droits et égalitaires. Oui, j’étais mignon à l’époque. Et comme j’ai gardé une part de cette mignonnerie, je vais même écrire pour vous quelques morceaux choisis du machisme en entreprise, comme autant de brèves de machine à café. Ouais, je sais, me remerciez pas, c’est tout naturel.

– “Il y a des tâches d’homme et des tâches de femme”

– “Ma femme est là pour faire l’amour quand j’ai besoin”

– “Avec la montée de la parité, faut s’arranger pour trouver des femmes avec un bon salaire”

– “Il faut forcément adapter ton langage quand tu parles à une femme, pour pas qu’elle soit choquée”

– “Je me marie, c’est pratique pour les impôts”

Et autant de baffes pour le romantisme. Naïf et jeune que j’étais à l’époque, il ne m’apparaissait pas possible que des gens formés, intelligents et pour certains suffisamment vieux pour prendre du recul sur les choses, puissent être aussi bornés sur des sujets comme la place des femmes en entreprise, ou même dans la société. Les lecteurs habitués(si, si, y’en a !) savent à quel point je déteste les féministes de tous poils(persuadées bien souvent que chaque homme suffisamment digne pour marcher et non pas ramper au sol, est déjà machiste) (ou alors convaincues que le plus efficace pour tuer le machisme est de faire supprimer le mademoiselle des formulaires administratifs). Eh bien ces féministes devraient un jour venir manger dans un repas de chantier entre cadres(= gens sérieux en costume qui font du golf le dimanche). Elles y trouveraient alors du grain à moudre pour les soixante prochains siècles.

En effet, travailler, et donc fatalement s’intégrer dans la société (j’ai essayé, on peut pas faire l’un sans l’autre, c’est pénible j’aurais voulu rester autiste mais gagner des sous quand même…), c’est se frotter socialement à la bêtise humaine. Et travailler avec des cadres, c’est se frotter à la bêtise humaine persuadée d’avoir réussi. Et il y a pire, c’est faire des soirées d’entreprise avec cette bêtise humaine, le genre de soirée corporate à souhait où chacun attend de voir ce que dira vraiment de vous votre patron une fois qu’il aura avalé quelques bières. Et là, pseudo-libérés du masque social, c’est à un véritable lâcher de fauves que l’on assiste.

On pense que l’école n’est pas le reflet réel de la société. C’est faux. Je n’ai jamais vu pareille copie du monde réel que le collège.

Et c’est bien dommage.

Féminisme : Humiliées, ou la catastrophe Belle&Rebelle

Mesdames, mesdemoiselles, celles d’entre vous qui me lisent connaissent(ou pas) mon aversion caractérisée pour la presse féminine. Au hasard de mes périgrinations sur le net, je suis tombé là-dessus : Belle&Rebelle

En temps normal, je fustige la presse féminine pour la bêtise, le vide des propos et l’inutilité générale suscitée par les articles. Ici, on est bien loin de ça. On tombe en réalité dans un webzine insultant pour toutes les femmes. Ce site est un conglomérat d’aberrations, sur des sujets comme le féminisme, la politique, la culture, la mode…. Côté politique, c’est véritablement extrême-droite, vantant les mérites de l’identité nationale, par exemple. Et surtout, l’image de la femme véhiculée y est atroce. L’on vient vanter les mérites de la sexualité taboue, de la femme au foyer, de l’absence de sexe avant le mariage bien sûr… Toutes les idées contre lesquelles les femmes se sont battues ces cinquantes dernières années sont détruites, anéanties. C’est un véritable recul. Mais étudions un article en détail, vous vous rendrez mieux compte. Article

L’image projetée insinue qu’une femme qui s’occupe d’elle n’est rien qu’une nombriliste exacerbée et complètement stupide.

Quand je vois toutes ces filles « hypes » dans la rue, cheveux tirés, bien maquillées, habillées avec les dernières fringues du moment

Vous sentez venir la généralisation rapide, de celles qui vont vous décaper la tronche à la scie égoine ? Ca arrive.

Être plus féminine, rentrer dans le même legging taille enfant qu’elles, capter le regard de tous les hommes en un passage…

Vous remarquerez la subtile association entre minceur et féminité. Mesdames, vous qui étiez rondes et vous pensiez jolies, voyez comme B&R vous rappelle à l’ordre. Allez perdre 30 kilos, et on en reparle.

Il faut toujours vérifier ce qui se cache derrière le vernis ou, pour elles, derrière le masque permanent de maquillage. Et chez elles c’est souvent aussi creux qu’une noix de coco…

Donc, prendre soin de soi, c’est être une grosse cruche. Et c’est forcément pour le plaisir de draguer. Je tiens sincèrement à exprimer toutes mes condoléances aux blogueuses comme Pandora ou Argaelle pour l’image de leur travail qu’elles se prennent dans les dents à cause de ce genre de webzine. Désolé les filles, vous êtes belles et apprêtées DONC vous êtes connes. C’est forcé, c’est B&R qui le dit.

Au fond la dernière fois qu’elle t’avait vu c’était pour qu’elle t’assure que ton string dépassait bien et qu’on le voyait sans problème à travers ton pantalon blanc.

Une vue intéressante de l’amitié et du partage. Je pense que Nelson Mandela se retourne dans la tombe qu’il n’a pas encore construite tant l’image projetée des gens par ce site est à vomir. Ben oui, encore une fois : vous êtes deux filles, donc vous draguez toutes les deux, vous êtes belles DONC vulgaires, alors nécessairement vous êtes des salopes. CQFD.

Si c’est ça ta vie, je te la laisse ! Moi je ne suis pas la fille d’un soir mais celle d’une vie ! Moi je ne suis pas seulement jolie, je suis belle, de cette beauté fière dont tu n’as pas connaissance, car son existence seule t’est impossible à imaginer, elle te rendrait encore plus dépressive que tu ne l’es déjà.

Voilà, enfin, la conclusion qui détruit tout ce que masse psychologues et autres activistes et romantiques ont mis des siècles à mettre en place : la confiance en soi. Alors que l’on vit à une époque où les médias exercent une pression de malade sur les femmes, un semblant d’espoir semblait poindre. Sans tomber dans la généralisation, connaissez-vous une femme qui n’a jamais complexé ? Qui ne s’est jamais sentie moche, grosse, poilue, bête, les quatre à la fois ? Et, alors que vous faites tant d’efforts pour vous mettre en valeur sans tomber dans la vulgarité, voilà que les webzine censés présenter des modèles et des idées écrasent tous ces efforts. Détruisent tout ce que quiconque aurait pu construire pour vous. Bravo, bel effort.

Pour avoir arpenté ce site en entier, les articles de ce genre sont légion. Et ils sont atroces. J’ai passé des heures à commenter ce que j’y ai vu et lu, mais je ne pense pas que vous aurez le loisir de pouvoir me lire, mes interventions ayant probablement été censurées. Mais je ne comprendrai pas, moi qui suis profondément anti-féministes, comment on peut humilier autant les femmes et les jeunes filles sans même avoir la décence de s’excuser et, pire, de se considérer comme un magazine qui vous éduque, mesdames, et vous sert de modèle. Mais j’entends déjà les critiques qui me verront comme un crétin qui vous empêche d’ouvrir les yeux sur votre condition, de vous libérer. Car c’est bien connu : être belle et apprêtée, noble, c’est être conne, creuse et fatalement soumise. Et que donc vous n’avez plus de poids de décision puisque comme chacun sait le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis.

PS : Merci à DariaMarx pour le lien vers l’article.