Qu’est-ce que c’est, un ingénieur en informatique ?

On se demande toujours à quoi sert un ingénieur. Regardez autour de vous, pendant l’une des nombreuses soirées mondaines auquelles vous assistez, probablement en bonne compagnie : prononcer le mot “ingénieur” c’est noble, dire de quelqu’un qu’il est “ingénieur en informatique” procure une aura, une forme de reconnaissance tacite, comme si c’était le summum de l’évolution socialo-virtuelle, comme si il n’existait pas de grade supérieur dans le monde de la technologie. Pourtant, personne n’est jamais vraiment capable d’expliquer ce métier. Demandez à un II en quoi consiste son boulot, c’est toujours un jeu amusant : il va cafouiller, se contredire, devenir pâle, puis se mettre à marmonner quantité de mots techniques incompréhensibles pour l’homme normal dans l’espoir de vous en mettre plein la vue et de passer pour un expert tellement doué qu’on ne peut pas le comprendre.

Pourtant, dans les faits, le travail d’ingénieur n’est pas un travail de technique. Certes, une grande partie de son temps est passée à développer, mais ce temps de développement est tellement aseptisé, pré-maché et répétitif que finalement, il n’est qu’un utilisateur de traitement de texte, sauf que son traitement de texte à lui crée des programmes. La magie projetée par les II sur le grand public est en réalité une vaste fumisterie, mais comme tout ce qui touche à la technique, la vague de peur suscitée par la réflexion technologique suffit bien souvent à décourager les curieux de poser des questions insidieuses sur ce en quoi consiste VRAIMENT notre boulot.

Amis II, posez-vous sérieusement la question : êtes-vous capable d’expliquer en moins de 20 mots en quoi consiste votre travail ? “Créer des programmes et les vendre à des clients” ? Non, ça c’est développeur. “Vendre un service de développement à des clients et prendre en charge la gestion de leur parc applicatif à des fins de maintenance et d’évolution projet” est plus exact, mais qui comprend cette phrase ? Pourtant, c’est là la différence entre un ingénieur et un développeur informatique : le développeur est payé pour les fonctionnalités, les logiciels qu’il développe. L’II est payé pour le temps qu’il a passé à concevoir un logiciel. Nous ne vendons pas des produits, nous vendons nos doigts sur un clavier pendant un temps précis.

Qu’est-ce que ça change, direz-vous ? Ca change l’âme. Un développeur pourra se passionner pour son oeuvre : demandez à des développeurs de vous expliquer les grandes lignes du logiciel sur lequel ils travaillent, vous entendrez une voix passionnée vous répondre pourquoi ce programme est génial. Demandez à un ingénieur (a fortiori en informatique de gestion) la même question : bien souvent, il sera à peine capable de vous expliquer en quoi il consiste, tant le boulot veut que l’on se détâche entièrement du produit que l’on est censé concevoir. Le concept d’image d’un logiciel, de popularité, de grand public n’existe pas pour un II, et pour cause : lorsque l’on conçoit un outil réservé au public restreint des employés d’une entreprise précise, personne ne va s’interroger sur l’outil. Il est là parce qu’on en a besoin, point.

Le grand chagrin, c’est de devoir travailler dans des domaines qui n’ont aucun rapport avec l’informatique. Car c’est alors le moyen le plus simple de tomber sur des gens auxquels il est impossible de transmettre la passion pour notre domaine, le goût de l’optimisation, l’émerveillement devant certains programmes, et pour cause : ils ne nous comprennent pas, et en ont bien souvent rien à taper.

Et c’est bien dommage.

Les séries du moment

Les séries du moment

Le top 10 de mes séries préférées. Oui, je sais, c’est très classique, mais c’est aussi(un peu) pour arrêter de donner l’image de quelqu’un qui ne fait que critiquer les choses, sans jamais rien apprécier. Je vous livre donc ici une liste des séries qui m’ont marqué. Certaines sont finies, d’autres non, mais elles sont toutes selon moi de très bonne qualité.

PLL
10e position : Pretty Little Liars
Des disparitions, du gossip et de belles adolescentes font de cette série un bon cocktail. Sans être particulièrement recherchée, elle a le mérite d’être rafraîchissante et de changer un peu de ce qu’on peut avoir l’habitude de voir. Comme son nom l’indique, ces jeunes filles peuvent cacher bien plus que quelques secrets d’adolescentes.

ER
9e : ER
On ne la présente plus, on n’a plus besoin d’en parler tant elle est devenue célèbre, et même si elle est boudée aujourd’hui (conccurence oblige), ER reste ma série médicale préférée, et de loin. Peut-être aussi parce que c’est la première, qu’elle n’était pas encore entâchée par une conccurence folle dans le domaine, et qui se voulait surtout centrée sur la médecine et l’ambiance des urgences américaines, bien avant le caractère des personnages (et aussi parce que le docteur Carter est beau comme un Dieu, et que c’est le même acteur qui a interprêté Steve Jobs dans Pirates <3).

HIMYM
8e : HIMYM
C'est clair, c'est simple, c'est drôle et ça s'enchaîne assez vite. Comme les épisodes ne sont pas trop dépendants les uns des autres, ça peut se regarder facilement et ça fait passer un bon moment. Ecrit comme une version modernisée de Friends, on y retrouve les mêmes avantages, et les mêmes travers

GOT
7e : Game Of Thrones
Ok, là, on monte d'un cran en qualité. Entre le jeu d'acteur vraiment travaillé, les décors et costumes superbes, la BO à faire pleurer H.Zimmer et le scénario en béton armé doublé de plomb, GOT est vraiment LA série de fantasy à ne pas manquer. Après, quand on voit la qualité initiale de l'oeuvre littéraire, on se dit que les fondations pour faire une série aussi énormes étaient déjà posées.

SP
6e : South Park
Là encore, je ne suis pas quelqu'un de très original. Et malgré le graveleux des blagues, South Park m'a toujours fait beaucoup rire. Loin d'être la meilleure satyre américaine (voir plus bas dans l'article) elle offre au moins le fait d'être moralement condamnable et psychologiquement déviante. Et comme je l'explique bien souvent, j'ai un goût prononcé pour le politiquement incorrect.

H
5e : H
C'est vieux, c'est franchouillard bien comme il faut, mais c'est vraiment drôle. L'extrême inverse de ER qui se prend très au sérieux, H est vraiment la série médicale délurée. L'humour reste encore assez pesant(Eric et Ramzy oblige), mais ça passe vraiment bien pour se vider la tête. Tour de force très rare : c'est une série médicale qui a réussi à ne pas parler de médecine ni à tomber dans le gossip, mais bien à faire purement du comique de situation. On a presque plus l'impression d'assister à une pièce de théâtre.

Popetown
4e : Popetown
Dans la lignée des "je suis politiquement incorrect mais je me soigne" je voudrais le prêtre, s'il vous plaît. Popetown, satyre du vatican avec son prêtre zoophile, ses cardinaux corrompus et son pape de dix ans est vraiment le dessin animé ovni dans l'univers déjà surchargé des séries. Le thème est percutant, l'humour est varié (du plus graveleux au plus subtil) et le résultat délirant.

Bref
3e : Bref
Je n'ai pas hésité à ajouter Bref à cette liste, même si le format websérie courte la distingue clairement d'une série normale. Mais ces épisodes courts et directs encouragent à la regarder en boucle, souvent, pour se souvenir que dans la vie au début au naît, à la fin on meurt, et qu'entre les deux, il se passe des trucs.

Kaamelott
2e : Kaamelott
Episodes courts encore, découverte il y a deux ans maintenant, je n'ai jamais autant regardé quoi que ce soit plus que des épisodes de Kaamelott. Sur les six saisons actuellement parues, je dois en être à une vingtaines de visionnages de chacune, au moins. L'humour est parlant, le thème original (le mythe arthurien revisité) et le scénario des dernières saisons, jugées plus "sérieuses", tient vraiment en haleine.
Daria
1ère : Daria
On en arrive, enfin, à Daria. Oui, ma série préférée est un dessin animé. Parce que c'est, en opposition à tous les autres dessins animés américains mainstream (Simpsons, South Park, Family Guy, …) de l'humour extrêmement fin, subtil, une satyre acide et cynique de la société américaine, et parce qu'au fur et à mesure des saisons, on se prend à aimer follement ce personnage central de Daria pourtant conçu pour être antipathique. Le cadre est simple : une adolescente surdouée et cynique va vivre une vie de lycéenne aux côtés de Jeanne, sa grande amie, et cotoyer les crétins qui font la population de son lycée : pom-pom girls zélées, club de mode, joueurs de foots et profs corrompus. Ca ne tombe pas dans le facile, ni dans le vulgaire, et les références fusent dans tous les sens. Juste excellent.

Voilà, donc, un bilan des séries que je trouve vraiment réussies. Après, je ne suis pas expert dans le domaine, venant plutôt initialement de l'univers des anime (mangas animés), qui mériteraient à eux tous seuls une autre liste comme celle-ci. N'hésitez pas, bien entendu, à parler de vos propres préférences en commentaires, à critiquer et à donner votre avis sur cette liste.

La parité chez les informaticiens

L’informatique, c’est bien connu, est un monde où il existe une forte majorité d’hommes, et ce pour tout un tas de raisons aussi diverses que variées (et pas toujours logiques) : le domaine d’activité attire un peu moins les filles, notamment parce qu’il est fermé, il impose des études scientiques précises qui n’attirent pas forcément les bachelières fraîchement diplômées, etc… Ce n’est pas un jugement de valeur mais un état de fait : depuis ma spécialisation dans des études “scientifiques”(c’était le bon temps, ma bonne dame !) j’ai toujours eu une très forte majorité d’hommes dans mon travail.

Ouais, je sais ce que vous allez dire. Que ça va encore être une critique gratuite des féministes(faut dire aussi, elles cherchent). Mais non. Pour une fois, j’ai essayé de me mettre à leur place(Ne riez pas, au fond !). En effet, avant je pensais réellement que le machisme était une histoire d’éducation, persuadé que les gens considérés comme instruits et intelligents étaient droits et égalitaires. Oui, j’étais mignon à l’époque. Et comme j’ai gardé une part de cette mignonnerie, je vais même écrire pour vous quelques morceaux choisis du machisme en entreprise, comme autant de brèves de machine à café. Ouais, je sais, me remerciez pas, c’est tout naturel.

– “Il y a des tâches d’homme et des tâches de femme”

– “Ma femme est là pour faire l’amour quand j’ai besoin”

– “Avec la montée de la parité, faut s’arranger pour trouver des femmes avec un bon salaire”

– “Il faut forcément adapter ton langage quand tu parles à une femme, pour pas qu’elle soit choquée”

– “Je me marie, c’est pratique pour les impôts”

Et autant de baffes pour le romantisme. Naïf et jeune que j’étais à l’époque, il ne m’apparaissait pas possible que des gens formés, intelligents et pour certains suffisamment vieux pour prendre du recul sur les choses, puissent être aussi bornés sur des sujets comme la place des femmes en entreprise, ou même dans la société. Les lecteurs habitués(si, si, y’en a !) savent à quel point je déteste les féministes de tous poils(persuadées bien souvent que chaque homme suffisamment digne pour marcher et non pas ramper au sol, est déjà machiste) (ou alors convaincues que le plus efficace pour tuer le machisme est de faire supprimer le mademoiselle des formulaires administratifs). Eh bien ces féministes devraient un jour venir manger dans un repas de chantier entre cadres(= gens sérieux en costume qui font du golf le dimanche). Elles y trouveraient alors du grain à moudre pour les soixante prochains siècles.

En effet, travailler, et donc fatalement s’intégrer dans la société (j’ai essayé, on peut pas faire l’un sans l’autre, c’est pénible j’aurais voulu rester autiste mais gagner des sous quand même…), c’est se frotter socialement à la bêtise humaine. Et travailler avec des cadres, c’est se frotter à la bêtise humaine persuadée d’avoir réussi. Et il y a pire, c’est faire des soirées d’entreprise avec cette bêtise humaine, le genre de soirée corporate à souhait où chacun attend de voir ce que dira vraiment de vous votre patron une fois qu’il aura avalé quelques bières. Et là, pseudo-libérés du masque social, c’est à un véritable lâcher de fauves que l’on assiste.

On pense que l’école n’est pas le reflet réel de la société. C’est faux. Je n’ai jamais vu pareille copie du monde réel que le collège.

Et c’est bien dommage.

L’ingénieur en informatique, ce héros méconnu

Aujourd’hui, et en guise de premier article pour cette nouvelle catégorie, j’aimerais essayer de donner une définition complète de ce qu’est un ingénieur en informatique. Parce que pour pouvoir être aigri, il faut tout d’abord savoir de quoi on parle, comprendre qui est vraiment cet “II”, ce qu’il fait, pourquoi. Les définitions “politiquement correctes” de l’ingénieur affirment qu’il est un agent moteur d’un projet, amené à prendre des décisions clés et qu’il est apprécié pour son expertise technique sur les sujets pour lesquels il a été engagé. Vous trouvez que ça sonne faux ? Moi aussi, et pour cause.
En réalité, l’ingénieur en informatique, si l’on décortique son appellation, est à la rencontre de deux mondes bien particuliers : celui de l’ingénierie, monde des projets, des cadres, des gens en costume-cravate et des banquiers, autrement dit le monde des gens bien-pensants, et celui de l’informatique, de la technologie et de l’évolution, qui se traduit par “si-on-ne-comprend-pas-ce-qu’il-fait-c’est-que-ça-doit-être-très-important”. Et c’est ça, le vrai boulot : Convaincre les gens de l’utilité profonde de ce que vous faîtes. Pour cela, il faut savoir faire de la politique, savoir faire ce qu’on demande mais pas plus, ne pas réfléchir, ne pas se poser de questions. Faut pas abuser, on ne prend pas des gens diplômés pour leur demander de penser par eux-mêmes.

Il faut savoir que le métier d’II(ingénieur en informatique) peut se décomposer assez grossièrement en phases qui vont s’enchaîner en boucle pendant toute sa carrière, ou jusqu’à ce qu’on lui propose de monter en grade. Ah oui, un autre détail pour nos amis jeunes qui pensaient faire de l’informatique pendant toute leur vie, détrompez-vous bien vite ! Le métier est ainsi fait qu’il vous dégoûtera rapidement et à jamais de toucher un clavier, et pour ceux d’entre vous qui n’en auraient pas marre, vous aurez vite à coeur de vous reconvertir vers des métiers plus gratifiants : ramasseur de cadavres, organisateur de concours de bouffe ou incinérateur à déchets. La technique c’est sale, c’est nul, c’est pour les jeunes idiots sans expérience, pas pour les vieux crétins croulants gens sérieux. Aucune raison de pouvoir évoluer avec, donc.

Mais revenons à notre histoire de phases. Tout d’abord, l’immanquable, qui est aussi la plus intéressante : développer. Devant son écran à écrire des programmes et à réfléchir, il rajoute des fonctionnalités au logiciel afin que celui-ci fasse bien ce qu’on lui demande. Il s’agit de la phase où l’on se marre le plus, vu que c’est la seule qui soit technique, intéressante et qui, accessoirement, corresponde à l’image qu’on peut se faire du métier. Donc pendant cette première phase on “code”, c’est à dire qu’on écrit des programmes. C’est la phase qui fait rêver plein de monde, car c’est, officiellement tout du moins, la phase de l’expression technique pure qui correspond le plus à l’idée que l’on se fait d’un II. En réalité, les phases de code sont tellement décortiquées en amont, qu’elles deviennent bien souvent répétitives et peu formatrices. Car effectuer une nouvelle tâche c’est bien, mais l’effectuer cinquante fois de suite, c’est moins drôle.

Mais rassurez-vous, car les autres phases rattrapent le coup ! Car le travail d’ingénieur ne consiste pas qu’à passer son temps derrière un écran à taper des signes cabalistiques au clavier, ou bien à sortir son tournevis pour dépanner un ordinateur. En fait, bien souvent, on ne touche quasiment pas à l’ordi et on lit. Des docs longues comme des jours sans pain, souvent très mal orthographiées, ou au contraire trois lignes perdues au sein d’un mail oublié, et qui contiennent en tout et pour tout le contenu du travail à faire. Oui, car le grand travail de l’ingénieur sera de se demander “Mais…où veut-il en venir ?”, c’est à dire comprendre ce qui est demandé, ce qui est recherché. Décortiquer des mails, des compte-rendus, des dossiers de centaines de pages pour arriver à extraire les fonctionnalités du programme. Souvent le temps alloué à cette décortication est minime, alors que cela nécessite des heures passées au téléphone à poser des questions(quand c’est possible) pour comprendre, et avoir un espoir de pouvoir commencer à coder sereinement.

Il faut savoir qu’en plus, bien souvent, on ne travaille pas avec des gens issus du monde de l’informatique, mais de domaines qui, bien que fort intéressants, n’ont rien à voir. Ce qui complexifie d’autant plus les échanges, puisque les interlocuteurs ne parlent plus la même langue, n’habitent plus la même planète. A ceux qui croyaient que 40 ans de travail dans un service informatique donnait aux gens des compétences générales en plus de la programmation, détrompez-vous ! En général, les gens sont tellement abrutis par les tâches répétitives et cloisonnées qu’on leur fait faire que dès qu’une question sort de leur domaine, même si elle reste informatique, ils sont perdus. J’ai vu des développeurs chevronnés tenter de brancher un cable usb dans une prise “éthernet”, par exemple. Ou bien alors, allez donc essayer d’expliquer l’importance d’une mise à jour logicielle bien précise à quelqu’un qui vient d’argumenter sur le fait que le minitel, c’était mieux.

La troisième tâche, et non des moindres, c’est la politique. Car c’est un métier où il faut faire beaucoup de politique. Où rendre compte d’un problème à la mauvaise personne peut être considéré comme gravissime. La tâche politique c’est comprendre ce que le client veut, ce que la hiérarchie veut et, surtout, compiler les aspirations de tout le monde. Le monde de l’II est rempli de développeurs aux dents longues, de petits chefs, de grands connards incompétents et les éviter, savoir gérer leur bêtise et leur mauvaise foi nécessite un temps considérable. En effet, il est coûteux d’expliquer à tel collègue qu’il n’a pas à te donner des ordres, sans pour autant nuire à ton image d’homme politiquement correct(lui ravaler la tronche à grands coups de parpaings, c’est nuire à son image, et ce même si les parpaings sont petits). Et ne pas utiliser le vocabulaire fleuri des jurons de notre belle langue française lorsque pour la centième fois Gérard t’intime l’ordre de faire son boulot (pénible de surcroît) à sa place, cela demande une volonté de fer. Ou bien encore pour encaisser
ce genre d’appel :

*Sonnerie de téléphone*

– Allo ?

– Bonjour madame, je vous appelle car nous avons un problème : nous n’arrivons pas à accéder à Internet ici.

– Vous appelez la mauvaise personne, je n’ai pas à vous répondre et ferai un mail à votre hiérarchie.

– Mais…vous n’êtes pas le service Internet ? Car notre problème est urgent…”

– Si, mais vous n’êtes pas autorisé à m’appeler à cette heure-ci et bien que pouvant résoudre votre problème, vous n’avez pas le droit d’appeler donc je considèrerai qu’il n’existe pas.

– Mais…on ne peut plus travailler, c’est urgent. A moins que tu ne tiennes absolument à me payer à rien foutre.
– “Envoyez un mail à votre hiérarchie qui suivra la procédure habituelle, le problème devrait être traité rapidement (comprendre d’ici quatre/cinq jours).

– Merci beaucoup. Au revoir connasse pute que tes enfants meurent noyés madame.

Un exemple typique des discussions par mail ou téléphone auquel on a droit. Autre exemple amusant : j’ai déjà eu des remarques parce que je travaillais avec deux écrans, pratique très courante en informatique car elle représente un apport de confort et d’efficacité non négligeables. Je m’étais donc pris une remarque(j’avais réutilisé un écran désaffecté traînant dans mon bureau depuis des mois) non pas parce que cela pénalisait quiconque, mais simplement parce que “ce n’était pas prévu dans le protocole”.

Et c’est bien dommage.

Actualités du blog

Aujourd’hui, chers lecteurs, nombreux changements ! Tout d’abord, vous aurez remarqué que le menu du blog s’est étoffé en catégories, et au passage, remarquez la création d’une nouvelle catégorie :
au boulot. En effet, comme mon boulot n’était pas le plus avare en sources d’aigritude absolue et de frustrations diverses, j’ai décidé de venir en parler ici pour vous faire profiter, comme
d’habitude, de tout ce que j’ai pu observer dans le milieu de l’ingénierie en informatique. Il va sans dire que les faits relatés sont anonymisés et légèrement transformés pour ne désigner
personne en particulier, mais ça n’empêchera pas tout le monde d’en prendre pour son grade. Guettez donc l’actualité dans cette rubrique, car de nouveaux articles tous frais ne sauraient tarder.

De plus, comme vous le constatez, le site s’est (enfin !) doté d’une bannière ! Il s’agit d’une première, provisoire, mais qui colle déjà plus à l’ambiance du blog que la précédente qui,
ne nous le cachons pas, était une image par défaut. Si vous avez d’ailleurs des suggestions à fournir sur l’image actuelle, qui servira de source d’inspiration pour la prochaine,
je suis bien entendu preneur.

Cinéma : Chronicle

Bien le bonjour, amis lecteurs ! N’ayant pas mis les pieds au cinéma depuis the artist, j’y suis retourné récemment pour y voir ce que je m’attendais être un film à grand spectacle : Chronicle. C’est pourquoi je reviens vers vous aujourd’hui, afin de parler de ce film.

Tout d’abord, installons l’environnement: pour des raisons pas très claires, trois adolescents acquièrent des supers pouvoirs, et peu à peu apprennent à les utiliser. A entendre, on dirait le scénario d’un film de super-héros pas forcément très intelligent mais très graphique, et très basé action. En fait, pas du tout. Ce film n’est pas graphique, ni intelligent. Déjà, il faut savoir que tout le film est tourné caméra au poing ce qui dans des films comme REC avait pour effet de stresser le spectateur qui ne savait ainsi pas ce qui se passait derrière lui mais qui, dans Chronicle, a juste pour effet de donner le tournis. En effet, les erreurs de cadrage faites pour donner un côté “réaliste” au film, un peu comme si il était filmé avec une webcam, n’ont en réalité pour effet que de ralentir l’action, de perdre le regard et de rendre la majorité des scènes frustrantes, donnant l’impression latente au spectateur qu’il existe nombre de détails importants, hors-champ, à côté desquels il est en train de passer.

Passons à l’histoire, maintenant. Prometteuse bien qu’un peu simpliste au départ(des adolescents corrompus par leurs pouvoirs), les séquences de dialogue et d’ambiance sensées soutenir le scénario sont plates, creuses, et souffrent du manque flagrant de charisme et d’assurance des acteurs. On paie pour une superproduction, et on se retrouve avec un film dont l’ambiance et le comportement des acteurs, censés faire “plus vrai”, nous donnent l’illusion d’un mauvais film d’auteur. Il ne manquerait plus qu’il soit en noir et blanc, et ce serait le bouquet.

Le thème principal du film étant “et si les super-pouvoirs existaient en vrai”, on aurait pu s’attendre à une vraie réflexion sur la justice, sur la force, sur l’univers, que sais-je…mais à la place de ça, on assiste juste à la débandade de trois adolescents américains capricieux, enchaînant tous les clichés du genre, sans les assumer : on aurait pu s’attendre à ce que leurs pouvoirs deviennent un argument de drague ? Mais non. Un argument politique (l’un des héros est fortement impliqué dans les élections du lycée) ? Mais non. Un argument tout court ? Bah non. En fait, on assiste juste à la corruption d’un des ados, qui utilise ses pouvoirs pour se venger de toutes les brimades dont il a été victime pendant que les deux autres, les bras ballants, le regardent faire jusqu’au moment de la scène finale, où ils se disent que bon, ça suffit comme ça. Du archi-classique, en somme.

On pourrait se dire “Bon, ce n’est pas un film d’action mais un film intelligent, donc au moins à la fin je vais avoir une explication sur la source des pouvoirs ? Une réfléxion sur ce qui est arrivé aux personnages ? Une évolution de la situation ?” Bah non. En fait, il n’y a pas vraiment de fin. Lorsque survient le générique, salvateur dans ce cas, on n’est ni perplexe ni soulagé. On n’a rien compris car il n’y avait rien à comprendre, rien vu car il n’y avait rien à voir, rien retenu car ce film n’était pas conçu pour laisser une trace. C’est tout.

Sans être la bouse de l’année, ce film est quand même loin d’être indispensable. Entre ça et Elles, ça fait une grosse accumulation de navets en peu de temps.

Et c’est bien dommage.

Lettre à l’attention de la SNCF

Madame, mademoiselle, monsieur,

Je vous écris afin de mettre en exergue un certain nombre de points sur lesquels vous fournissez un travail de qualité irréprochable, et je tenais à vous le souligner. Tout d’abord, merci beaucoup pour la conscience professionnelle de vos contrôleurs, qui n’ont même pas besoin d’écouter les gens pour les mépriser ou bien leur donner des amendes. Vraiment, être capable de juger aussi rapidement quelqu’un sans répondre à des questions aussi simples que “pourquoi je suis verbalisé ?” ou “je ne comprends pas, expliquez-moi” est le témoin d’une très haute compétence, et pour celà je tiens à vous dire bravo.

Ayant eu affaire à l’une de vos employées d’élite sur ma ligne habituelle ce matin, quel ne fût pas mon bonheur que d’entendre que mon abonnement régulier, déjà contrôlé maintes fois, ne correspondait pas en réalité au trajet que je souhaitais faire ! En effet, les contrôleurs SNCF, ces hauts gradés de la fonction ferroviaire, étant bien trop occupés dans les grandes sphères du compostage pour daigner s’intéresser à de petites gens comme moi qui les importunaient pour des motifs aussi risibles que des compléments d’informations. De plus, quelle joie de voir que le paiement immédiat d’une contravention ne laisse aucune trace ni aucun justificatif ! Je préfère en effet nettement ne pas savoir où va mon argent quand je vous le donne, vous faisant entièrement confiance à vous, service de réclamation anonyme, ainsi qu’à votre contrôleur que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, pour bien gérer les finances que je vous octroie de bon gré grâce à une irrégularité dont j’ignore la nature. A la réflexion, j’aurais du payer en liquide, afin d’être bien sûr que votre agent encaisse directement le paiement !

Oh, comme je me préoccupe beaucoup de votre santé et du bien-être de vos agents, je tenais à vous prévenir d’une chose : faites attention à vous, car les vagues de froid et de neige arrivent, et vous semblez ne pas être au courant. En tout cas, c’est ce que laisse penser la cohue et les problèmes des voyageurs sur les quais les jours de neige, cette pauvre foule stupide qui ne comprend rien aux rouages subtils du trafic ferroviaire. Et bien entendu, il serait mal vu de les informer correctement ou de prévoir des solutions alternatives comme des taxis ou des bus, voyons ! La plupart des passagers bloqués pour cause de retards devant se rendre rapidement sur leur lieu de travail, ce n’est pas comme si c’était important. Finir un café avec des collègues sur les quais est tout de même bien plus crucial que de s’occuper du retard d’une heure ou deux au travail d’une centaine de personnes, lesquelles pourrront d’ailleurs probablement bientôt pointer pour devenir agents chez vous, après avoir été dépossédées de leurs emplois.

Oh, j’oubliais ! J’ai remarqué que vos rouages complexes avaient impliqué également de changer récemment vos horaires (début décembre, je crois) et que pour informer vos voyageurs, vous aviez donc dépêchés des agents d’information dans les gares. Néanmoins, ces agents faisant partie de l’élite, les instruire à leur métier contrôleurs les a probablement empêchés d’être formés une notion élémentaire dans une gare : l’accueil du public. En effet, je comprends qu’en temps limité, les éléments comme sourire, dire bonjour ou bien posséder des informations précises aient pu passer en option dans leur formation accélérée. Moi-même début décembre, je dûs en interroger trois différents afin d’obtenir l’information sur un quai mal indiqué, et ce pour finalement devoir me mettre à courir afin attraper un train pour lequel j’avais précisément décidé d’arriver en avance et de ne pas me presser. Merci à vous la SNCF d’entretenir mon corps et de me permettre ainsi de faire de l’exercice physique, c’est vraiment touchant.

Ensuite, s’il vous plaît, je souhaiterais également vous féliciter quand à une qualité primordiale qui habite chaque agent de la SNCF : le discernement. En effet, quel plaisir de se voir verbalisé quand l’on a oublié son portefeuille contenant un abonnement en règle, alors que le jeune d’à-côté, chargé de maintenir l’ambiance dans le wagon, se charge de l’animer avec son téléphone et en redécorant les magnifiques fauteuils bleu TER par du marron Boue De Chaussaure. Vraiment, quel élément indispensable que cet adolescent dans le train, si indispensable qu’il n’est pas utile de contrôler son billet, ni à lui ni même à son ami l’homme ivre qui vient de monter et hurle à travers tout le train.

Ensuite, je souhaite vous remercier également, car vous m’avez appris la souplesse et la patience. En effet, grâce à vous, je dois maintenant attendre 45 minutes chaque matin(particulièrement agréable l’hiver) afin de prendre des trains suffisamment tôt. En effet, les marges de temps appliquées sur vos horaires sont telles que les trains censés me permettre d’arriver à l’heure passent bien souvent systématiquement avec suffisamment de retard pour fâcher mon patron à tout jamais. En effet, quel plaisir de voir que des trains, pourtant réguliers, voient leurs horaires et les délais de transport variés, afin de nous empêcher de tomber dans la routine !

Enfin, je souhaiterais vous remercier en vous donnant chaque année un peu plus d’argent pour les mêmes trajets. En effet, il est vrai que votre compétence est si grande que vous méritez bien des augmentations salariales régulières et sensibles. C’est également pourquoi je soutiens entièrement vos manifestations et mouvements de grève dont l’impact sur votre popularité est minime par rapport aux acquis obtenus ainsi. Il est également bien normal de bénéficier d’une qualité de service moindre d’année en année dans un monople d’état, puisque chacun doit s’adapter à la crise, que voulez-vous.

Merci donc, pour tout cela, mais aussi pour les files d’attente interminables, les deux guichets sur dix ouverts aux heures de pointe, la qualité de la nourriture dans le tgv, la saleté ambiante dans tous les trains et particulièrement les odeurs rémanentes aux toilettes et dans les voitures-bars, … Pour tout cela et plus encore, merci la SNCF.

Cordialement.