Night club

J’en ai marre. C’est toi que je veux. T’attraper par les épaules et te plaquer contre le mur. Sentir le souffle qui sort de ton corps sous le choc. Emmêler tes cheveux du bout des doigts et griffer ton visage. Je ne veux pas du propre. Je ne veux pas du romantisme. Je veux de la saleté, du bestial, je veux me rappeler de ces instants comme d’une violence passée, d’une excitation incontrôlable mue par des déchaînements d’hormones. Je ne veux pas t’entendre parler, laisse-moi dévorer tes lèvres, déchirer ton cou, arracher tes vêtements. Qui tomberont à tes pieds. Mords-moi, hurle, inverse les rôles. Je ne veux que toi. Pour vivre, enfin.

Un dossier spécial

Voilà trois jours qu’elle a débarqué dans mon bureau, le dossier sous le bras et un sourire aux lèvres en disant “faut qu’on s’occupe de ça, ordre du patron”. Aujourd’hui, la tête dans les mains, les yeux rivés à l’écran dans la pénombre de mon bureau, je relis une dernière fois les récentes conclusions du criminologue. Très sale affaire. Oh bien sûr, j’ai essayé de refiler le bébé à quelqu’un d’autre, de prétendre que je n’étais pas qualifié. Mais le boss nous a quand même collés sur ce dossier, moi et une éminente psychologue, Mlle A. D’après tous les rapports que nous recevons, nous avons affaire à un malade mental. Un fou, dangereux, capable de tout. Notre seul espoir de retrouver les victimes vivantes ? Ce mec nous cherche, nous laisse des indices, des rendez-vous. Pour une raison que je ne m’explique pas, il veut être trouvé, il veut que l’on comprenne. Qu’à-t’il à nous révéler ? Pourquoi ? Chaque nouveau film, chaque nouvel indice est plus sordide que le précédent. Nous sommes tombés dans une immense fosse de boue, et on n’est pas près d’en sortir.

Le réveil indique 3h30. Voilà de nombreuses nuits que je ne dors plus, que cette affaire m’obsède. Je veux comprendre, y arriver. Je veux sauver les deux malheureux dont on a perdu la trace et qui, je l’éspère, sont peut-être encore en vie. Que savait Volker qui a entraîné sa mort ? Pourquoi la malchance du père de Karen l’a fait se trouver là, à ce moment ? Etait-ce vraiment une coïncidence ? Avant de m’effondrer d’un sommeil harassé par les ombres laissées par ce psychopathe fou à lier, ma collègue et moi nous faisons une promesse. Quoi qu’il arrive et quel qu’en soit le prix nous te retrouverons, Phoenix.

Paris…

Paris ça m’inspire ça…..normal, vous croyez ?

Japan

Extraits du voyage à Nikko

Colours

Grandeur et décadence

Le roi toussa. Son lourd manteau d’hermine sur les épaules, il contemplaît la salle du trône d’un air hagard. Hormis les gardes de service devant la porte, il n’y avait personne. Pourtant, le brouhaha que l’on entendait au loin prouvaient que le chateau était habité, vivant. Ce silence l’oppressait, comme s’il lui reprochait d’être au calme alors que tout le monde s’activait.

Il reposa sa coupe de vin sur un plateau et toussa à nouveau. Ce vin était décidemment fort. Il faudrait changer de fournisseur et faire fouetter le cuisinier, naturellement. Si cet idiot n’était pas capable d’assurer un service convenable, il fallait bien le lui faire savoir. Le roi avait horreur que son petit confort s’écroule, même si ce n’était qu’un verre de vin. Pour lui, qui avait tant de responsabilités, ses rares moments de repos se devaient d’être parfaits.

De toute façon, dans ce monde, tout se devait d’être droit, carré. Des repas à la stratégie militaire. Son expansion vers les terres de l’Ouest, le joug qu’il avait imposé aux barbares et aux pitoyables villages qu’ils avaient essayé de construire, tous ces enfants repoussants que ces monstres avaient mis au monde….c’est à sa droiture à lui que tous devaient d’en être débarassés. Grâce à lui, le royaume était enfin en bonne santé et pouvait évoluer.

Il toussa encore, plus fort, d’une quinte qui le laissa plié en deux. Même les gardes avaient déserté la pièce. Il tenta de s’appuyer sur son trône pour se relever, mais ce fût au prix d’un effort redoutable qui le laissa haletant. Il finissait par comprendre. Il toussa une dernière fois, et cracha du sang. Sa vue se troubla violemment et il tombit à Terre. Inerte. “La fin d’un règne”, pensa-t’il.

Souvenirs

Vous nous voyez comme des drogués, nous comme des précurseurs. Vous croyez nous voir échapper à la vie, alors que le moindre évènement nous arrive aux oreilles plus vite qu’aux vôtres.

Nous sommes nombreux. Nous sommes discrets et effacés, bien souvent oubliés de tous ceux qui se font une joie du public, du premier plan, de l’image. Nous avons grandi avec l’information, elle nous habite, nous sommes ses cellules.

Nous sommes la légion qui fait peur. celle qui terrorise toutes les personnes responsables et bien pensantes. Nous sommes ceux qui contrôlent ce qui vous dépasse. Nous influençons les gouvernements, notre pouvoir est sans limite, et ce que nous en ferons ne dépendra que de votre faculté à vous joindre à nous. Notre plus grande force se base sur vos plus profondes faiblesses.

Nous ne sommes pas mauvais. nous ne sommes pas non plus bons. Notre pouvoir, c’est notre savoir. Et il est le fruit de vos actions.

Nous sommes robotisés, anticipés, nous sommes à la fois celui qui mange et qui donne à manger. Nous apprivoisons les flux, contrôlons leur impact. Nous sommes le cœur de la science et le bras armé de la technologie.

Nous sommes la génération digitale.