Cinéma : Chronicle

Bien le bonjour, amis lecteurs ! N’ayant pas mis les pieds au cinéma depuis the artist, j’y suis retourné récemment pour y voir ce que je m’attendais être un film à grand spectacle : Chronicle. C’est pourquoi je reviens vers vous aujourd’hui, afin de parler de ce film.

Tout d’abord, installons l’environnement: pour des raisons pas très claires, trois adolescents acquièrent des supers pouvoirs, et peu à peu apprennent à les utiliser. A entendre, on dirait le scénario d’un film de super-héros pas forcément très intelligent mais très graphique, et très basé action. En fait, pas du tout. Ce film n’est pas graphique, ni intelligent. Déjà, il faut savoir que tout le film est tourné caméra au poing ce qui dans des films comme REC avait pour effet de stresser le spectateur qui ne savait ainsi pas ce qui se passait derrière lui mais qui, dans Chronicle, a juste pour effet de donner le tournis. En effet, les erreurs de cadrage faites pour donner un côté “réaliste” au film, un peu comme si il était filmé avec une webcam, n’ont en réalité pour effet que de ralentir l’action, de perdre le regard et de rendre la majorité des scènes frustrantes, donnant l’impression latente au spectateur qu’il existe nombre de détails importants, hors-champ, à côté desquels il est en train de passer.

Passons à l’histoire, maintenant. Prometteuse bien qu’un peu simpliste au départ(des adolescents corrompus par leurs pouvoirs), les séquences de dialogue et d’ambiance sensées soutenir le scénario sont plates, creuses, et souffrent du manque flagrant de charisme et d’assurance des acteurs. On paie pour une superproduction, et on se retrouve avec un film dont l’ambiance et le comportement des acteurs, censés faire “plus vrai”, nous donnent l’illusion d’un mauvais film d’auteur. Il ne manquerait plus qu’il soit en noir et blanc, et ce serait le bouquet.

Le thème principal du film étant “et si les super-pouvoirs existaient en vrai”, on aurait pu s’attendre à une vraie réflexion sur la justice, sur la force, sur l’univers, que sais-je…mais à la place de ça, on assiste juste à la débandade de trois adolescents américains capricieux, enchaînant tous les clichés du genre, sans les assumer : on aurait pu s’attendre à ce que leurs pouvoirs deviennent un argument de drague ? Mais non. Un argument politique (l’un des héros est fortement impliqué dans les élections du lycée) ? Mais non. Un argument tout court ? Bah non. En fait, on assiste juste à la corruption d’un des ados, qui utilise ses pouvoirs pour se venger de toutes les brimades dont il a été victime pendant que les deux autres, les bras ballants, le regardent faire jusqu’au moment de la scène finale, où ils se disent que bon, ça suffit comme ça. Du archi-classique, en somme.

On pourrait se dire “Bon, ce n’est pas un film d’action mais un film intelligent, donc au moins à la fin je vais avoir une explication sur la source des pouvoirs ? Une réfléxion sur ce qui est arrivé aux personnages ? Une évolution de la situation ?” Bah non. En fait, il n’y a pas vraiment de fin. Lorsque survient le générique, salvateur dans ce cas, on n’est ni perplexe ni soulagé. On n’a rien compris car il n’y avait rien à comprendre, rien vu car il n’y avait rien à voir, rien retenu car ce film n’était pas conçu pour laisser une trace. C’est tout.

Sans être la bouse de l’année, ce film est quand même loin d’être indispensable. Entre ça et Elles, ça fait une grosse accumulation de navets en peu de temps.

Et c’est bien dommage.

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We will rock you

Bien le bonjour, amis lecteurs !

Apprenez que suite à des périgrinations londonniennes (qui ont suivi les périgrinations parsiennes du précédent article), il m’a été donné de faire une expérience absolument formidable et nouvelle pour moi : assister à une comédie musicale.

Pour moi, la comédie musicale était synonyme de spectacles bon enfant et plutôt niais, l’image que j’en avais étant liée à des choses comme Mozart, l’opéra rock ou Dracula. Donc sans partir sur des préjugés (ce n’est pas mon genre, voyons, qu’allez vous-donc chercher ?) j’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’en tenir. Je suis donc allé voir We will rock you, comédie musicale anglaise apparemment très célèbre, primée de nombreuses fois, et basée sur l’univers et les chansons de Queen (comme son nom l’indique).

Comble de l’inculture, je ne connaissais pas Queen. Enfin, outre les grands morceaux que tout le monde connaît (The show must go on, we will rock you, bohemian rhapsody, …) je n’avais aucune idée de l’histoire du groupe, de ses courants ou de ses idées. J’en ai donc appris un peu plus sur son chanteur, Freddie Mercury (qu’il était gay par exemple, que c’était un pur chanteur de rock, qu’il était beau comme un dieu et que vu sa tronche, il était probablement l’inspiration majeure de monsieur B, de chez 10 Minutes à perdre). Et, au terme d’une journée absolument géniale en plein coeur de Londres, j’ai donc mis les pieds dans une salle de concert pour aller voir We will rock you.

J’ai été littéralement soufflé. Déjà parce que je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi vivant, d’aussi coloré et d’aussi drôle, mais plutôt à quelque chose de guindé, codifié, un peu à la manière d’un ballet classique. En fait, non. C’était extrêment drôle, vraiment prenant (forcément, quand on prend du rock comme fond musical ça marche toujours), et très immersif. Un peu comme un film où les acteurs seraient sortis de l’écran.

Ca bouge beaucoup, y’a énormément de mise en scène et d’électrotechnique pour faire bouger les décors, ce qui donne un aspect vraiment vivant. Les dialogues étaient plutôt bien dosés, bien que parfois un peu longs (mais l’anglais n’étant pas ma langue d’origine, ça a du jouer aussi) et l’humour souvent suffisamment dosé pour se tordre le bide autant qu’un délégué CGT dans le TGV un matin de grève (Je vous raconterai cette anecdote un jour si vous êtes sages, petits fripons).

Ca m’a donc donné envie d’enfiler les intégrales de Queen (RIP Megaupload) et d’aller voir d’autres comédies (apparemment Lion King est excellent aussi). Et comme dirait SFR, “I want to break Free”.

Cinéma : l’art de savoir critiquer les films

Bien le bonjour à tous. Aujourd’hui, comme vous l’aurez probablement deviné grâce au titre, j’aimerais aborder avec vous un sujet cinéma. En effet, la mode comme vous le savez sûrement, est à l’adaptation de livres et d’univers fantastiques : Harry Potter, Seigneur des Anneaux, I-Robot, Twilight, Eragon, … Et de fait, chaque film issu de ces oeuvres donne lieu à des résultats plus ou moins satisfaisants, allant de catastrophique à grandiose.

Lorsque l’on voit en film l’adaptation d’un livre, l’une des critiques faciles et récurrentes est bien évidemment “ça ne reflète pas le livre”, “ce n’est pas complet” ou encore, et c’est là que je veux en venir, “ce n’est pas réaliste”. Je voudrais aujourd’hui revenir sur cette expression, souvent utilisée pour critiquer un film, et son sens.

Distinguons donc trois grandes expressions : le réaliste, le cohérent et le crédible. Prenons l’exemple d’Harry Potter (choisi entièrement objectivement, bien sûr). Il s’agit ici d’adapter un univers fantastique et magique depuis un livre sur un écran. Ainsi, pour éviter de prononcer “ce n’est pas réaliste”, “pas crédible” ou “incohérent”, regardons plutôt (Les exemples cités sont vérifiables aisément) :

Lorsqu’une scène, censée représenter un comportement réel, se déroule de manière imprévue et inexplicable, par exemple un homme quelconque qui se met à savoir jouer au basket niveau international sans avoir appris, c’est un manque de REALISME. C’est à dire que ça ne colle pas à la réalité. L’irréalisme, dans beaucoup de films, s’excuse bien vite par les lois fantastiques qui sont reprises : oui, faire des flammes au bout des doigts c’est irréel, mais le monde n’est pas fait pour. Ce n’est pas ce qui est recherché. (Harry Potter qui se retrouve magicien, ce n’est pas réaliste).

Ensuite, lorsqu’une scène se déroule d’une manière imprévue, inexplicable ET en désaccord avec l’univers (ou qui laisse des trous dedans) : ce n’est pas COHERENT. C’est à dire que c’est un élément qui sort des limites imposées (ça c’est pas grave) et qui fragilise et rend moins intéressant l’univers recréé (ça c’est grave) (Par exemple ne pas expliquer combien de points vaut le vif d’or dans HP1, ce n’est pas cohérent, cela crée un manque dans l’univers, et décrédibilise le Quiddich).

Enfin, lorsqu’une scène se déroule d’une manière imprévue, inexplicable ET à l’envers total de l’intérêt des personnages et des règles de l’univers, on dit alors que ce n’est pas CREDIBLE. C’est à dire que le shot n’a rien à faire là, si ce n’est créer une scène d’action, rajouter de la violence, placer un baiser gratuit, etc… en clair : les besoins cinématographiques supplantent les besoins des personnages (exemple : Hermione qui chiale en tenue de diva sur l’escalier dans HP4, ce n’est pas crédible : cela ne correspond pas au comportement annoncé du personnage, n’apporte rien et n’est présent que pour faire un gros plan).

Bien, venons-en maintenant au fait : pourquoi expliquer tout ça ? Simplement parce que c’est cette distinction qui permet de faire la différence entre “C’est un bon film même s’il ne respecte pas le livre” et “Non, même sans l’univers, ce truc est vraiment raté”. Alors que le réalisme n’est qu’un gage d’ambiance, la cohérence garantit le lien entre le livre et le film. Et enfin, la crédibilité garantit que, quelques soient les libertés prises, le film reste tout de même intéressant. Parce que c’est ce manque de distinction qui a fait passer les films Twilight ou HP4 comme de bons films, parce que les gens ont confondu cohérence et crédibilité, parce qu’ils ont cru qu’au titre d’être indépendant du livre, on pouvait alors tout se permettre.

Et c’est bien dommage.

Ciné : Black Swan

Vu la quantité de prix qu’il a obtenus et les critiques unanimes(même les critiques intelligentes) à son sujet, je ne me faisais pas trop de soucis quant à la qualité de Black Swan. Un vrai spécialiste du cinéma y trouverait sans doute beaucoup de défauts, mais j’avoue que personnellement j’ai été bluffé par le film. Déjà, une sélection d’acteurs de taré-dingue à en faire pâlir de jalousie Spielberg.

Je m’attendais à une sorte de comédie romantique tragique, genre triangle amoureux(comme dans le lac des cygnes en fait). En réalité, pas du tout. Tout tourne autour de Natalie Portman, les autres acteurs n’étant que des seconds rôles intervenant de manière ponctuelle. Sans dévoiler l’histoire, le film dévoile le milieu extrêmement exigeant de la danse où une jeune danseuse fait partie d’une compagnie chargée d’interprêter le lac des cygnes. Même si le synopsis est assez morne, le film évite tous les écueils du genre. On arrive ainsi à ne pas tomber dans l’effet “comédie romantique à l’américaine”, ni dans “film purement graphique”. On s’accroche véritablement au personnage central de Nina, à la fois manipulée et manipulatrice, changeant de rôle au gré des scènes du film.

Il fallait s’y attendre, le film est une allégorie du lac des cygnes. Du coup, la BO,
basée sur l’oeuvre classique a un rôle crucial et est particulièrement bien dosée. Passages complets presque entièrement musicaux, qui retransmettent bien les sentiments du personnage, notamment, et qui sont beaucoup plus percutants qu’un dialogue plat. Les acteurs sont à la hauteur de leur réputation, et les dialogues très recherchés. Beaucoup de poésie également, notamment dans des scènes plus ou moins érotiques que l’on retrouve tout au long du film. Néanmoins, on ne tombe pas dans la scène gratuite simplement chargée de faire vendre, comme dans un blockbuster moyen.

Simplement pour trouver quelques défauts, mais faut vraiment bien chercher pour le coup, on pourra reprocher le cadrage qui, se voulant très immersif, fait souvent de très gros plans assez déstabilisants au début et freine un peu l’accroche. De plus, et c’est un travers fréquent (j’en parlerai dans un prochain article), on tombe encore dans un schéma de “pour faire un bon film, on fait un film triste”, qui empêche d’aller voir cette merveille si l’on est un peu déprimé, ou tout simplement fatigué de sa journée.

En conclusion, après le bijou de Requiem for a dream, Aronofsky signe là un nouveau chef-d’oeuvre. Immanquable, et très bien placé pour la course au film de l’année.

Cinéma : The tourist

Arf, que de mouvements mes amis, que de mouvement. Alors qu’il ne se passait rien dans ma vie, les changements que la fin 2010 augurait étaient plutôt prometteurs : voyage à l’autre bout de la Terre, nouveau travail, renaissance de ses cendres de ma vie amoureuse que je pensais à tout jamais perdue au fond de l’abîme de l’oubli, nouveau logement et nouvelle ville aussi….Tout cela laissait à penser qu’il se passerait beaucoup de choses dans ma vie (admirez comme je viens subtilement de vous donner un certain nombre de fausses excuses sur le pourquoi vous êtes restés si longtemps sans nouvel article). Et il s’est avéré finalement que de tout cela a donné quelque chose qui confirmait plus ou moins le doute qui s’insinuait en moi peu à peu : vivre, c’est vraiment le bordel.

Mais ce n’est pas de cela que je souhaiterais vous entretenir aujourd’hui. Puiser au fond de la coquille vide qui me sert de cerveau n’est pas de la première facilité, alors réussir à en tirer quelque chose qui ne soit pas trop stérile relève véritablement du tour de force. Du coup, aujourd’hui, on va parler cinoche. D’abord parce que ça fait longtemps, ensuite parce que j’ai envie et de toute façon, je vous demande pas votre avis (nan, parce que déjà que j’écris pas souvent, si je devais soumettre mes articles au vote, on serait dans le sable, les amis…).

Bref. Riche de quelques euros, d’un peu de temps à perdre et d’une irrépressible envie d’aller au cinéma en la compagnie de celle avec qui il se passe des trucs encore plus intenses que sous la robe austère de la justice, on est donc allés voir The Tourist. Pour ceux qui n’en auraient jamais entendu parler, il s’agit du dernier film action/romantique sorti il y a quelques semaines, projettant Angelina Jolie et Johny Depp à l’affiche.

L’histoire parle en clair de la femme d’un voleur qui se fait pister par la police et tout un tas d’espions pas très gentils. Elle tente de rejoindre son mari grâce à un certain nombre d’instructions qu’il lui laisse. Notamment l’une qui est “monte dans un train, parle au premier mec que tu croises, et fais comme si c’était moi”, dans l’objectif évidemment de dérouter la police. La suite est évidente : elle rencontre johny depp, et commence une histoire impossible. Oh ben ça alors…ce film doit être américain.

Bon, outre les décors qui sont assez beaux, ce film est une accumulation de  clichés. Une BO plus que moyenne, et des ressors scénaristiques éculés qui font que l’on s’ennuie au bout d’une demi-heure. Ce n’est pas un navet proprement dit, mais c’est trop long pour ce que c’est, et le cliffhanger final est téléphoné si fort qu’on l’entendrait même sur un réseau bouygues (un troll s’est caché ici, saurez-vous le retrouver ?).

Un film américain ultra-édulcoré donc, sans surprises et surtout, surtout, sans jeu d’acteurs. Je sais que c’est facile de critiquer, m’enfin Johnny Depp nous avait habitués à mieux depuis Charlie, Pirates et Edward Scissorhands, et nous livre là un jeu fade, plus digne d’un Robert Pattinson que d’un Brad Pitt.

Cinéma : Adèle Blanc-Sec

Accrochez-vous les amis, parce que ça décoiffe assez sévèrement. En effet, désireux de trouver un nouveau sujet d’inspiration, et surtout de combler mon vendredi soir avec une activité plus constructive que le vide absolu et le sommeil, j’ai d’abord pensé à aller perdre mon corps, mon esprit et mon temps accoudé à un zinc ou sur une terrasse pluvieuse, dans le vague espoir qu’une âme perdue viendrait elle aussi se perdre à ma table. J’ai rapidement balayé ces illusions édulcorées d’adolescent et ai regroupé une poignée de sous pour aller au cinéma. Pour éviter Iron Man 2, et parce que je suis en ce moment en plein délire de “la belle époque française”, j’ai donc décidé d’aller voir Adèle Blanc-Sec. Je pensais que ce serait juste un film…ahah.

J’engloutis donc à la vite un truc à manger, enfile des fringues qu’on pourrait qualifier de “décentes” et me jette au dehors(brrr….t’aurais pas du, me souffle mon instinct) pour aller au ciné. Déjà, ô joie, je m’aperçois que le film n’est pas trop long(1h45 à peu près). Chouette, ça changera des films américains habituels dont la durée moyenne est devenue de 4h00, et, étant plutôt branché sur les dernières séances de la soirée, cela m’arrangeait stratégiquement de ne pas avoir à traverser les rues à 2h00 du matin. Je m’enferme donc dans la salle de cinéma pour un peu plus d’une heure et demie.

J’en suis ressorti assez content, finalement. Des décors et des costumes très sympas, une musique pas trop mal, des personnages très attachants, pas mal d’action, un scénario léger mais présent, et un humour caustique qui procure une fraîcheur qui fait une grande partie du sel du film. Un rythme plutôt soutenu( pourtant, quand on voit le rythme de certains Besson comme Subway ou Nikita, rien n’était joué) participe aussi à la bonne qualité du film. Bon c’est loin d’être parfait, notamment pour les gags un peu trop téléphonés, l’intrigue très simple à déjouer, et le manque, cruel, de véritable “allié”. En effet, Adèle n’a pratiquement que des ennemis ! Bref….c’est pas ultra énorme, mais c’est suffisamment bien pour qu’on ne perde ni son temps ni son argent, et pour donner envie de lire la BD.

La BD, donc. Etant un grand insomniaque, j’ai donc enchaîné sur la lecture des 8 premiers tomes(sur 9 ou 10 parus). N’ayant jusqu’à présent jamais lu sérieusement d’oeuvre de Tardi, je ne saurais dire si c’est dans la logique de ce qu’il fait d’habitude ou non. Il faut savoir que, à quelques détails près, le film raconte en gros un mélange entre les 4 premiers tomes de la série. Eh bien, c’est excellent. On mêle à la fois un humour débordant et particulièrement fin par endroits, une ambiance sombre et très prenante, un souci du détail, et une haine viscérale et particulièrement prononcée de la guerre(14/18 en l’occurence). Une BD vraiment excellente mais dont j’ai vraiment l’impression de ne pas avoir compris le quart tant les références sont nombreuses et tant la mise en place est travaillée pour maintenir une atmosphère de folie générale et de confusion.

Quant à comparer les deux(le film et la BD), cela n’a strictement rien à voir. Le personnage d’Adèle dans le film est quelqu’un de charismatique, têtu, aimant l’action et le combat, un peu à la manière d’un sherlock holmes ou d’un james bond féminin, autant le personnage de la BD est quelqu’un de maladivement curieux, très sombre, qui a un certain talent pour se fourrer dans des situations impossibles sans avoir rien fait de particulier. Le personnage en est tout aussi intéressant mais beaucoup moins attachant, beaucoup moins classe aussi(contrairement au film, la plupart des personnages passent leur temps à se moquer de l’accoutrement de l’héroïne dans la BD). De plus, l’ambiance n’est pas du tout la même, le film s’éloigne énormément du côté très sombre, parfois glauque de la BD pour fournir des scènes beaucoup plus hautes en couleurs.

Le film n’est donc pas vraiment(à mon sens) une adaptation de la BD, mais plutôt une interprêtation différente posée sur la même base de faits. En conclusion : courez le voir, dépêchez-vous de le lire, parce que ça vaut vraiment le détour pour quiconque recherche dans le cinéma autre chose qu’un enchaînement de blockbusters(Oui, parce que Iron Man 2 c’est bien aussi, mais ça se passe pas au temps de l’Orient-Express).

Cinéma : Dikkenek

Au vu du panel d’acteurs présents, je m’attendais à un film drôle. J’ai été servi. Un véritable bouquet de blagues en tous genres, de la référence la plus fine à l’humour le plus gras.

Dans une ambiance d’humour à mi-chemin entre le non-sens, les références geeks et l’esprit du grand détournement, on se retrouve dans un univers belge assez détraqué. Le film n’est pas tout jeune et la qualité de l’image accuse un peu son âge, mais les dialogues sont souvent assez recherchés, et les personnages suffisament intelligents pour ne pas tomber dans du vaseux linéaire et plat du type de brice de nice(ne vous trompez pas, j’aime beaucoup brice de nice, mais enfin on ne peut pas dire que ce soit très élaboré). Dikkenek croise vraiment beaucoup de types de blagues dans du comique de situation assez bien amené, ce qui fait que chaque spectateur peut faire sa sélection.

En revanche, le film pêche sur plusieurs aspects. Dans un premier temps, les rapports entre les personnages sont assez flous, et les caractères trop similaires, même s’ils sont originaux, ce qui fait qu’on a vite tendance à se perdre. De plus, la première partie du film ne met pas les différents groupes de personnages en contact, ce qui contribue à l’incohérence générale et gâche un peu le plaisir du film, selon moi.
En second lieu, du fait de l’accent belge(ou pas, d’ailleurs), beaucoup de personnages ont tendance à parler trop vite, et il est donc compliqué en général de saisir tous les mots de chaque phrase.

Au final, un film plutôt bon, une bonne référence geek et quelques éclats de rire spontanés seront présents. On sort des sentiers battus de la comédie pour tester une nouvelle approche, et ça marche plutôt bien.