Sexué mais pas sexiste

Chers lectrices, chers lecteurs, bonjour. Le sexisme, parlons en encore et toujours, au lendemain de la date qui devrait devenir la fête nationale de la démocratie. Parlons-en autrement, surtout, en ces périodes floues propices à la mise au point.

Avant de démarrer véritablement le sujet qui nous préoccupe, et pour faire écho à de longues heures de discussion acharnée sur Twitter, je souhaiterais préciser une chose : je ne cherche pas à nier le sexisme, ni à nier le machisme ambiant de la société. Je ne suis pas partisan de dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je cherche, aujourd’hui comme depuis quelques semaines maintenant, à combattre UNE vision du sexisme, UN point de vue spécifique qui me paraît erroné. Vous l’aurez compris : nous parlerons encore aujourd’hui de Mar_Lard et du “sexisme geek” qui nous rabat les oreilles depuis plusieurs jours. Les propos qu’elle tient m’apparaissant en contradiction avec ma propre vision du sujet, et ma vision me semblant constructive pour faire avancer le débat du sexisme, je me permets donc d’énoncer mon avis. Et ça tombe bien car comme je suis ici chez moi, je ne vais pas me gêner.

Parlons donc du sexisme chez les geeks, et plus particulièrement du sexisme dans les jeux vidéos (oui, car ces deux mondes sont distincts). Le sexisme dans les jeux est né d’une confusion évidente entre deux imageries radicalement différentes. Et cette confusion que génère Mar_Lard dans son article, à défaut de faire avancer le féminisme, va surtout faire reculer l’univers geek plutôt que de le faire évoluer dans le bon sens. Cet amalgame que j’aborderai aujourd’hui est celui de confondre image sexuée et image sexiste. Quelle est donc la différence entre ces deux images, et quels sont leurs impacts sur les joueurs ?

Le monde vidéoludique est très vaste, et pour commencer beaucoup de jeux n’ont strictement rien à se reprocher du point de vue de l’image de la femme. Et pour cause : l’être humain n’y est pas présent, ni même la notion de genre. Je parle des puzzle-games(Tetris, Bust a move), des jeux de plateau virtualisés(Echecs, Go), des shooters(Warblade, Angry Birds), etc… Ce jeux ne peuvent pas être targués de sexistes : ils ne proposent aucune vision quelle qu’elle soit du genre humain. Et ils représentent à eux seuls une forte majorité de jeux, puisqu’ils sont la composante principale de beaucoup d’applications smartphones, tablettes, jeux flash et moult mini-jeux que l’on retrouve un peu partout. Ces jeux, servent bien souvent à vous occuper au boulot bande de flemmards, ou dans le métro. Ces jeux représentant une bonne part du jeu vidéo “moderne”, la généralisation du sexisme à tout l’univers du jeu n’a donc déjà plus de sens.


Si quelqu’un y voit du sexisme, je pense qu’il faut consulter.

Ensuite, et là nous abordons une forte majorité des jeux, le propos de Mar_Lard et le mouvement dénonciateur du sexisme geek promulgue un amalgame violent. Montrer du sexisme, c’est montrer un déséquilibre (visible ou insidieux) entre deux personnages de sexe différent. Or, pour beaucoup d’exemples auxquels on pourrait penser : jeux de combat, arenas, aventure, etc… les représentations des personnages sont équivalentes : un culte du corps, oui on y montre des femmes dénudées, mais les hommes n’y sont pas différemment lotis. C’est ce qu’on voit dans street fighter, dans Tekken, et j’en passe. Pour beaucoup, les clichés dénoncés par Mar_Lard ne sont que des représentations sexualisées à outrance, mais pas un déséquilibre entre les sexes : il n’y a pas de différence de niveau, de compétence, de difficulté, de gameplay ou d’image entre les sexes. Simplement, les personnages représentés ont en général tendance à respecter des codes de l’habillement plus propre à la drague qu’à la rando en haute montagne.


Maurice, t’as oublié ton t-shirt.

Pour les jeux d’aventure, nous en avons déjà débattu : les pendants “féministes” des grands héros masculins existent : Metroid, Tomb Raider, Beyond Good&Evil, … (je reviens sur la plastique après). Vous n’aimez pas les représentations trop masculinisées des héros de certains jeux ? Ca tombe bien : des alternatives existent déjà ! (et d’autres sont en développement). Le jeu “féministe”, ou je dirais plutôt le jeu non sexiste, existe déjà et il n’a pas attendu Mar_Lard pour se développer.

Beaucoup reprochent aux héros féminines leur plastique, leur apparence physique suggestive, leur habillement fort limité. Tout d’abord, les héros mâles sont traités avec la même culture du corps : Que dire de Sephiroth et son torse nu ? D’Ezio moulé sur le modèle du parfait brun ténébreux ? Ce sont des images sexualisées et variées. Cela vous dérange que les geeks comparent toutes les filles à Lara ? Cela ne m’ennuie pas, personnellement, que ma bedaine ne colle pas vraiment aux pectoraux léchés(au sens figuré, bande de gros dégueulasses) de la famille Auditore. Et je ne parle pas de montagnes de muscles symbolisant dans l’imagerie populaire la victoire du patriarcat, je parle de personnages masculins travaillés pour leur côté sexy. Ils ne vendent pas une image de patriarche ou de protecteur, il vendent une image d’homme séduisant ou à séduire. Ce sont les archétypes des bad boys, des rebelles, des voleurs, des solitaires…. que l’on peut retrouver par exemple dans les jeux comme Final Fantasy.


Si lui c’est un patriarche, on n’est pas rendus.

Reste certains jeux, ceux le plus ouvertement qualifiés de sexistes, que sont les jeux de sport : voiture, football, … Ces jeux pour beaucoup ont vocation a être des simulations, des représentations fidèles des univers qu’ils émulent. A ce sujet, j’opposerais deux arguments. Pour commencer, ces jeux ne sont représentatifs que d’une minorité isolée et identifiée de joueurs : ils correspondent à une cible marketting précise(qui est à peu de choses près la même cible que celle des émissions sur le même thème). Ces jeux, et loin de là, ne sont pas représentatifs des geeks, mais bien d’une simple tranche de joueurs. Et c’est cette tranche de joueurs isolée qui génère toute la généralisation du sexisme au monde des jeux vidéos.
Ensuite, posons une question : est-ce ces jeux dont il faut condamner le sexisme ? Ou est-ce que ce sont les domaines qu’ils dépeignent, tant empreints de misogynie, que celle-ci ressort malgré les développeurs au travers de leurs jeux ? De même si je regarde un film de guerre violent, est-ce le film qui est violent, ou simplement la guerre qui me fait horreur ? C’est pour cela que je persiste, et signe : Mar_Lard se trompe de cible en s’attaquant à ces jeux. Attaquons le sexisme dans le sport, dans l’automobile, dans l’armée, mais pas le sexisme dans les jeux qui y font référence. Lorsque les domaines apparentés auront changé, les jeux s’adapteront d’eux-mêmes.

En dernier point, il est important de s’interroger sur l’impact qu’ont ces jeux sur leur public, et donc sur la séparation entre le virtuel et le réel. Les geeks et gekettes sont les premiers à s’insurger contre les accusations de violence dans les jeux vidéos lors des tueries américaines, contre l’absence de morale à chaque nouveau GTA, etc… Le sexisme n’est pas un sujet à part. Mauvaise nouvelle : OUI les jeux véhiculent, grâce au rampart du virtuel, des messages et des images qui peuvent être contraires à la morale. C’est aussi ça qui en fait le sel : le bonheur d’incarner un/une gangster, un/une voleur(euse), un/une aventurier(ère)… tant de choses qui, justement, sont réservés au monde imaginaire. Comme tous les sujets immoraux traités dans les jeux, taxer le vidéoludisme de sexisme c’est ne pas faire confiance aux joueurs dans leur capacité à faire la différence entre le jeu et le réel.

Et c’est bien dommage.

Sexisme chez les geeks : comment vous convaincre que vous êtes malade(et comment ne pas y remédier).

Ami(e)s geeks, ami(e)s gamers(euses), ami(e)s lecteurs(ices) et passionné(e)s de tous poils et de toutes plumes, bonjour. Vous souvenez-vous de notre consoeur bloggeuse qui s’insurgeait contre les travers sexistes des geeks, et notamment contre le violent dérapage sur Tomb Raider dans Joypad (Ici)? Non contente d’égréner une première fois ses préjugés basés sur une minorité de cons, figurez-vous qu’elle a remis le couvert (). Déçu d’une telle agressivité et n’ayant pas comme vous le savez, ma langue dans ma poche, je livre ici mes réactions à cet article.

Après avoir passé plusieurs heures à peaufiner avec soin un mail construit et argumenté pour expliquer pourquoi je n’étais pas d’accord sur les généralisations rapides du premier article(mail auquel bien entendu je n’ai jamais reçu de réponse), voici que son second article réduit à néant et méprise mes efforts d’un simple paragraphe :
“Et d’autre part, la prévisible levée de boucliers. Des torrents de geeks indignés de se voir ainsi « stigmatisés ». Car évidemment, pointer un problème dans une communauté dont on se revendique fièrement soi-même, c’est faire preuve de haine irrationnelle envers ladite communauté…Ne raconte pas ton expérience du sexisme, femme, les hommes risqueraient d’être mal à l’aise. Et ils le feront savoir ! Des accusations de « misandrie » ou de « racisme anti-geek » (!) aux insultes misogynes les plus crasses, en passant par les menaces de violences sexuelles…”

Aussi étrange que celà puisse paraître oui, effectivement, quand on trolle et qu’on l’on s’oppose ouvertement et aussi vivement à une communauté complète, forcément on se prend une levée de boucliers. C’est ce que l’on appelle “débattre”. En fait, non, avec des arguments aussi pauvres que ceux que vous avancez, on en est plutôt au stade de la querelle de clocher. Un article haineux entraîne des réactions haineuses. En déduire que nous sommes tous cons et machistes est une facilité à laquelle j’éspérais silencieusement que vous ne céderiez pas. En vain. Donc, d’après Mar_Lard , être un geek c’est avoir été nourri au grain du sexisme, être un autiste doublé d’un crétin machiste. Amis, amies qui vous pensiez ouvert(e)s, c’est loupé. Si vous avez aimé Lara Croft, c’est forcément pour ses seins, si vous ne l’avez pas aimé, c’est forcément parce que vous êtes un homme et que vous ne pouvez pas vous identifier à un personnage féminin. Argumentation imparable.

Pour répondre correctement à cet article, j’aimerais soulever les deux points qu’il aborde : d’abord, la place de la femme et sa représentation dans les univers ludiques, puis sur la perception des filles dans les différentes communautés de geeks. Commençons par un constat simple : l’article de joypad(qui semble-t’il a mis le feu aux poudres) était de très mauvaise qualité. Que ce soit par volonté ou par maladresse, le message ambigü qu’il délivre n’est pas digne d’un journaliste, a fortiori d’un journaliste ayant un pouvoir de conviction sur un jeune public. A ce titre, inutile de chercher dans mes propos une défense du-dit article. Je ne souhaite pas défendre Joypad, je souhaite simplement montrer que non, l’univers geek n’est résolument pas sexiste.

La mauvaise foi dans l’article est double : d’abord prétendre qu’il n’existe pas de personnage féminin dans un jeu, et ensuite annoncer que les seuls personnages féminins ne sont vendus que pour leur plastique. Elevé à la mode console, les filles ont fait leur place dans cet univers au travers de personnages centraux comme Samus, Lara Croft, Dixie Kong, Claire Redfield ou plus secondaires comme Linoa ou Ondine. Bien entendu, à l’époque tout du moins, la majorité du public étant masculin, on proposait avant tout des personnages masculins au centre des jeux. Pour autant ce n’était ni systématique ni sexiste : simplement, le jeu s’adaptait à son public. Aujourd’hui que l’univers du gaming a évolué, qu’il est devenu plus accessible au grand public et que la proportion de femmes a grandement augmenté, de nombreux jeux se sont adaptés à cette évolution. Soit par des rpg qui proposent de choisir le sexe de son personnage (Elder Scrolls, Mass Effect, Monster Hunter, …) soit par l’apparition et le renfort de la crédibilité des “copines de héros” dont certaines possèdent aujourd’hui leurs propres jeux .Super Princess Peach ou Final Fantasy X-2 sont de très bons exemples.Les filles, autrefois simples compagnes des héros masculins, ne sont plus seulement des élements bons à se faire enlever/se faire sauver, mais bien des personnages complets possédant leurs propres univers, et totalement libérées du joug masculin. Le public évolue, les jeux aussi.

C’est dommage de n’avoir attaqué que sur l’aspect physique de Lara comme éloge du sexisme, car il y avait un argument bien plus percutant et plus subtil : son célibat. Tous les hommes dans les jeux vidéos ont des fiancées, des femmes, des petites amies : Snake, Mario, Link, Ezio Auditore, Sacha, …. Or, Lara n’a pas de copain connu(tout du moins jusqu’à la version 6, je n’ai pas joué après). On en revient au même argument. L’argument commercial est percutant : les filles dans les jeux vidéos(comme ailleurs) n’ont besoin de personne pour s’en sortir, et surtout pas des hommes.

“Un personnage féminin n’est pas incarné, il est regardé”. C’est un faux problème. Tous les personnages sont incarnés ET regardés quel que soit leur sexe, et particulièrement dans notre époque de croissance exponentielle des rendus graphiques des jeux. Ils sont tous soignés physiquement, hommes comme femmes, pour être agréables à l’oeil et évoquer des images plus ou moins sexuées. Même les personnages mâles bénéficient de ce principe. Il n’y a qu’à voir comme nous bavons tous devant les physiques d’Ezio, de Marcus Phenix, de Tyrael… La subtilité réside dans le fait que chacun voit dans le personnage qu’il incarne ce qu’il a envie d’y voir. Le cinéma nous vend Edward et Bella, le jeu vidéo nous vend Link et Lara. Chaque joueur(euse) voit dans son personnage un avatar. En effet, lorsque ce personnage central est unique, il faut faire le choix de son sexe. Chaque jeu fait ce choix différemment, pour autant les seules raison du choix ne sont pas la plastique ou la similarité entre le sexe du personnage et celui du joueur. Lorsque les personnages principaux sont nombreux (dans les Final Fantasy par exemple) la parité devient très rapidement le moteur pour équilibrer le groupe. Tous les personnages féminins n’en sont pas pour autant baclés, ou utilisés seulement comme objets à sauver. On ne soigne pas spécialement l’apparence des filles, les clichés sexués des personnages sont aussi vendus chez les personnages masculins. (Des exemples Ici, ici et ).
Aujourd’hui, les modèles changent, et le public aussi : les filles sont plus nombreuses dans la communauté geek qu’auparavant, suffisamment nombreuses pour ne plus être vues comme une minorité. Fort bien. Nombre de titres, de studios de développement se sont adaptés au changement : Les héroines se font de plus en plus nombreuses, l’image d’une plastique parfaite et des clichés physiques s’étend aux hommes, donnant naissance aux modèles comme le beau brun ténébreux(Ezio), l’enfant trop vite grandi(Tidus), le solitaire indépendant(Marcus Phenix). Donc, à différentes vitesses, les studios de développement s’adaptent à leur nouveau public. La seule chose que vous leur reprochez, finalement, est de ne pas le faire assez vite.

Un nouveau point sur lequel je ne suis pas d’accord, c’est votre raccourci facile entre les joueurs, le sexisme et la rape culture. Pardonnez-moi, mais passer en moins de dix lignes de la critique d’un journaliste à une conclusion proche de “tous les gamers, et même tous les hommes proches de vous, sont des violeurs potentiels”, il fallait le faire. S’en servir qui plus est pour aboutir au parallèle entre les jeux vidéos et les risques de viol, c’est beau. Certes, vous êtes sur votre blog chez vous. Tout comme Deez était dans son journal chez lui. Si vous voulez être lue et vous attirer des réactions plus constructives que des torrents d’insultes, éviter de se mettre à dos tous les hommes lecteurs en esquivant ce genre de raccourci me paraît sage. Se sentir insulté de violeur pousse rarement les gens à la réflexion ou à l’écoute.

Encore un point auquel je suis fermement opposé : votre conception du monde geek. Déjà, pitié, arrêtez de parler de “geekosphère”. Il n’existe pas de “geekosphère” tout comme il n’existe pas de “gothicosphère” ou de “modosphère”. La communauté geek n’est pas un rassemblement de boutonneux de 20 ans avec la maturité d’enfants de 7 ans tous taillés sur le même modèle et dotés d’une conscience mysogine commune. Jean-Robert, 38 ans marié deux enfants qui joue aux sims avec son fils le dimanche a le droit de se dire geek, comme Jason 13 ans qui lit des comics le soir avec la lampe sous la couette pour pas réveiller les parents, de même que Sophie 27 ans qui fait du counter-strike le mercredi soir après le boulot et Marie-Suzanne, 73 ans, qui a un diplôme de physique nucléaire. Tous ces gens-là sont aussi des geeks s’ils décident de l’être. Je trouve dommage de la part de quelqu’un qui se revendique gamer (gameuse en l’occurence) de tomber dans le raccourci facile du geek = adolescent attardé. Le geek, pas plus qu’un autre, ne fuit ses responsabilités ou ne refuse de grandir. Tout votre énoncé sur la communauté geek est un ramassis de mauvaise foi et de préjugés. Les archétypes que vous nommez (le casual, le kevin, le noob, …) désignent bien souvent toujours les mêmes personnes : justement ceux dont la maturité et l’âge les empêchent d’avoir une passion réfléchie mais qui le font par copisme et influence. Pourquoi tel ou tel n’est pas vraiment geek ? Ce n’est pas parce qu’un autre geek lui a dit “non on ne rentre pas”. Il lui manque juste une des qualités primordiales qui font un “vrai” geek : l’ouverture d’esprit. On en parlait déjà ici : article.

L’univers geek, comme vous le disiez si bien, est conçu sur des archétypes de garçons et de filles initialement marginalisés parce que trop timides, trop maladroit(e)s, pas assez sociables. Construire les bases d’une culture qui commence aujourd’hui à être reconnue a été long, pesant, coûteux. Vous dîtes que cette construction s’est faite sur les bases du sexisme ? Je ne suis pas d’accord. Cette construction s’est faite sur les bases des gens qui constituaient le public majoritaire. Pendant 30 ans, la majorité (pour ne pas dire l’intégralité) des joueurs, des lecteurs de fantasy ou comics, des rôlistes… étaient des hommes. Les cibles commerciales s’alignaient donc. Donc sur des hommes, souvent célibataires, d’entre 15 et 30 ans. Oui, ils s’alignaient sur des gens pour lesquels les thèmes comme l’amour, la drague, l’attention étaient prédominants. Le jeu vidéo est une relation privilégiée entre le joueur et son imaginaire. Quoi de plus logique donc que les personnages de l’époque aient alors été taillés pour convenir aux imaginaires et aux jardins secrets des joueurs ? Les filles étaient des idéaux de vertu et de romantisme, mais aussi des perfections physiques, dignes des personnages de Disney. Les hommes étaient des héros que tout le monde adulait, soutenait, enviait. Le jeu proposait un idéal au joueur, comme le ferait un livre ou un film. Un endroit où il pouvait incarner ce qu’il n’arrivait pas forcément à mettre en place IRL. Vous y voyez quelque chose de sexiste ? J’y vois un choix simple et logique pour faire un jeu qui plaira au plus grand nombre : Quand la majorité des joueurs sont des hommes, on essaie d’adapter l’univers à des hommes pour faire un jeu plus personnel, plus ciblé.

Nombre de geeks ont souvent été des adolescents un peu timides, un peu maladroits avec les garçons/les filles donc mis au ban pendant l’enfance et l’adolescence, et se sont battus pendant des années pour trouver leur place, des loisirs à leur goût, des passions qui leurs fassent découvrir autre chose que le sport et la drague, justement. Ce que vous reprochez aux geeks, c’est d’être cons. Malheureusement, comme dans tout groupe social, on n’échappe pas à la règle : les personnalités du milieu geek sont, pour certaines, de vrais imbéciles phallocrates et dénués de la notion de respect d’autrui. De là à en déduire que nous sommes tous comme ça, c’est un raccourci facile. Ne vous insurgez pas contre les geeks, insurgez-vous contre les cons. Ce sont des raccourcis comme les votres qui ont fait globalement perdre 15 ans de travail aux féministes, quand leur image médiatique était véhiculée par des enragées plus promptes à la vindicte qu’au débat construit. Tout indigne que ce soit, ce n’est pas à coups de barre à mine qu’on fait changer les gens.

Ensuite, vous énoncez que 47% des joueurs d’aujourd’hui sont des filles, et que globalement le public féminin n’est plus minoritaire chez les geeks.. Pardon, mais nous n’avons pas du fréquenter les mêmes cercles. Sans être une exception improbable, la présence de filles dans des milieux tels que le développement, le réseau ou l’e-sport est encore très loin d’être égale à celle des hommes. Pourtant, on ne peut pas parler, comme dans le monde professionnel, de fermeture : le monde des geeks n’a pas d’entretien d’embauche, de salaire, de sélection à l’entrée. N’importe qui peut y entrer.

Maintenant que nous avons fini avec l’image de la femme dans les jeux, abordons un second point : l’image de la femme chez les joueurs, et chez les geeks en général. Vous vous plaignez, d’avoir des exemples de développeurs qui vont ont craché à la gueule parce que vous étiez une fille ? J’en ai des tas qui ont eu la logique inverse : celle d’être plus ouvert au dialogue face aux filles, plus pédagogue non pas du fait de leur sexe, mais simplement pour ne pas leur fermer l’accès à la communauté à des gens plus minoritaires(oui, parce que que vous le vouliez ou non, l’informatique est encore très peu occupée par des filles).

Un courant de jeux vidéo qui se développe beaucoup dernièrement est celui de l’e-sport(ou sport électronique) : depuis Counter-Strike, DotA et LoL, c’est un univers en pleine explosion et extrêmement lucratif pour nos amis les éditeurs. Premier argument fondamental : c’est la seule discipline sportive au monde qui, même à haut niveau, ne fait pas de distinction entre les filles et les garçons. Les équipes sont mixtes, tout le temps, partout, quel que soit le jeu. Ca devrait être normal partout : pas de différence de compétence entre un homme et une femme. Il n’empêche que seul l’e-sport assume totalement ce concept. Les gamers ne comportent pas plus de sexistes qu’ailleurs : comme toute communauté, elle possède des cons réactionnaires. Comme toute communauté, il n’y a pas que des élites de la pensées dans ses rangs. Pour autant, entendre que nous sommes tous comme ça est un raccourci dont le seul but est de troller et de vous victimiser pour l’intérêt de gagner des sympathisants à votre cause. Vous, Mar_Lard, qui vous revendiquez geek, ça ne vous fait pas mal de détruire à ce point la fragile structure du monde geek juste pour le plaisir de vous donner raison ? Essayez pour voir de tenir les mêmes propos face à des groupes comme les motards, les chasseurs, les footballeurs. Je ne suis pas certain qu’ils brilleront par leur sens de l’équité.

La levée de boucliers et de remarques haineuses vous a aveuglé, madame Mar_Lard, elle vous a empêché de voir des gens qui ont vraiment essayé d’ouvrir le dialogue. Parce que parmi les mails et commentaires d’insultes que vous avez reçu, je suis persuadé que vous en avez aussi reçu plein comme le mien qui ont voulu discuter, échanger de manière constructive sur pourquoi ils n’étaient pas forcément d’accords, sans pour autant défendre avec force insultes la testostérone ambiante que vous attribuez au monde geek. Mais, dans votre passion du troll, combien en avez-vous ignoré qui avaient cette démarche ? 100 ? 1000 ? 10000 ? Mais peu importe, n’est-ce pas : peu importe de détruire une communauté complète par la hargne tant qu’on a le plaisir de troller. Avoir raison à tout prix, déceler le sexisme à tout prix, vaut bien mieux que de se poser des questions. Parce que vos 2 articles ne sont que du troll gratuit : généralisations abusives, phrases sorties de leur contexte, … Et en construisant ce troll, vous pensez avoir semé le trouble parmi les geeks sexistes du zInternet ? Perdu. Vous avez juste semé le trouble parmi ceux qui ont essayé de discuter et en sont sortis avec un avis plus que mitigé sur vous et vos idées. Comme vous le disiez si bien, vous n’avez pas soigné la place de la femme vous avez juste blessé une communauté qui se bat depuis 40 ans pour exister. A défaut d’avoir fait avancer le féminisme, votre article a fait reculer la crédibilité de l’univers geek de plusieurs années.

Et c’est bien dommage.

Lettre à l’attention de la SNCF

Madame, mademoiselle, monsieur,

Je vous écris afin de mettre en exergue un certain nombre de points sur lesquels vous fournissez un travail de qualité irréprochable, et je tenais à vous le souligner. Tout d’abord, merci beaucoup pour la conscience professionnelle de vos contrôleurs, qui n’ont même pas besoin d’écouter les gens pour les mépriser ou bien leur donner des amendes. Vraiment, être capable de juger aussi rapidement quelqu’un sans répondre à des questions aussi simples que “pourquoi je suis verbalisé ?” ou “je ne comprends pas, expliquez-moi” est le témoin d’une très haute compétence, et pour celà je tiens à vous dire bravo.

Ayant eu affaire à l’une de vos employées d’élite sur ma ligne habituelle ce matin, quel ne fût pas mon bonheur que d’entendre que mon abonnement régulier, déjà contrôlé maintes fois, ne correspondait pas en réalité au trajet que je souhaitais faire ! En effet, les contrôleurs SNCF, ces hauts gradés de la fonction ferroviaire, étant bien trop occupés dans les grandes sphères du compostage pour daigner s’intéresser à de petites gens comme moi qui les importunaient pour des motifs aussi risibles que des compléments d’informations. De plus, quelle joie de voir que le paiement immédiat d’une contravention ne laisse aucune trace ni aucun justificatif ! Je préfère en effet nettement ne pas savoir où va mon argent quand je vous le donne, vous faisant entièrement confiance à vous, service de réclamation anonyme, ainsi qu’à votre contrôleur que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, pour bien gérer les finances que je vous octroie de bon gré grâce à une irrégularité dont j’ignore la nature. A la réflexion, j’aurais du payer en liquide, afin d’être bien sûr que votre agent encaisse directement le paiement !

Oh, comme je me préoccupe beaucoup de votre santé et du bien-être de vos agents, je tenais à vous prévenir d’une chose : faites attention à vous, car les vagues de froid et de neige arrivent, et vous semblez ne pas être au courant. En tout cas, c’est ce que laisse penser la cohue et les problèmes des voyageurs sur les quais les jours de neige, cette pauvre foule stupide qui ne comprend rien aux rouages subtils du trafic ferroviaire. Et bien entendu, il serait mal vu de les informer correctement ou de prévoir des solutions alternatives comme des taxis ou des bus, voyons ! La plupart des passagers bloqués pour cause de retards devant se rendre rapidement sur leur lieu de travail, ce n’est pas comme si c’était important. Finir un café avec des collègues sur les quais est tout de même bien plus crucial que de s’occuper du retard d’une heure ou deux au travail d’une centaine de personnes, lesquelles pourrront d’ailleurs probablement bientôt pointer pour devenir agents chez vous, après avoir été dépossédées de leurs emplois.

Oh, j’oubliais ! J’ai remarqué que vos rouages complexes avaient impliqué également de changer récemment vos horaires (début décembre, je crois) et que pour informer vos voyageurs, vous aviez donc dépêchés des agents d’information dans les gares. Néanmoins, ces agents faisant partie de l’élite, les instruire à leur métier contrôleurs les a probablement empêchés d’être formés une notion élémentaire dans une gare : l’accueil du public. En effet, je comprends qu’en temps limité, les éléments comme sourire, dire bonjour ou bien posséder des informations précises aient pu passer en option dans leur formation accélérée. Moi-même début décembre, je dûs en interroger trois différents afin d’obtenir l’information sur un quai mal indiqué, et ce pour finalement devoir me mettre à courir afin attraper un train pour lequel j’avais précisément décidé d’arriver en avance et de ne pas me presser. Merci à vous la SNCF d’entretenir mon corps et de me permettre ainsi de faire de l’exercice physique, c’est vraiment touchant.

Ensuite, s’il vous plaît, je souhaiterais également vous féliciter quand à une qualité primordiale qui habite chaque agent de la SNCF : le discernement. En effet, quel plaisir de se voir verbalisé quand l’on a oublié son portefeuille contenant un abonnement en règle, alors que le jeune d’à-côté, chargé de maintenir l’ambiance dans le wagon, se charge de l’animer avec son téléphone et en redécorant les magnifiques fauteuils bleu TER par du marron Boue De Chaussaure. Vraiment, quel élément indispensable que cet adolescent dans le train, si indispensable qu’il n’est pas utile de contrôler son billet, ni à lui ni même à son ami l’homme ivre qui vient de monter et hurle à travers tout le train.

Ensuite, je souhaite vous remercier également, car vous m’avez appris la souplesse et la patience. En effet, grâce à vous, je dois maintenant attendre 45 minutes chaque matin(particulièrement agréable l’hiver) afin de prendre des trains suffisamment tôt. En effet, les marges de temps appliquées sur vos horaires sont telles que les trains censés me permettre d’arriver à l’heure passent bien souvent systématiquement avec suffisamment de retard pour fâcher mon patron à tout jamais. En effet, quel plaisir de voir que des trains, pourtant réguliers, voient leurs horaires et les délais de transport variés, afin de nous empêcher de tomber dans la routine !

Enfin, je souhaiterais vous remercier en vous donnant chaque année un peu plus d’argent pour les mêmes trajets. En effet, il est vrai que votre compétence est si grande que vous méritez bien des augmentations salariales régulières et sensibles. C’est également pourquoi je soutiens entièrement vos manifestations et mouvements de grève dont l’impact sur votre popularité est minime par rapport aux acquis obtenus ainsi. Il est également bien normal de bénéficier d’une qualité de service moindre d’année en année dans un monople d’état, puisque chacun doit s’adapter à la crise, que voulez-vous.

Merci donc, pour tout cela, mais aussi pour les files d’attente interminables, les deux guichets sur dix ouverts aux heures de pointe, la qualité de la nourriture dans le tgv, la saleté ambiante dans tous les trains et particulièrement les odeurs rémanentes aux toilettes et dans les voitures-bars, … Pour tout cela et plus encore, merci la SNCF.

Cordialement.

Hadopi, Megaupload, Piratage et Culture

Bien le bonjour chers amis lecteurs ! Comme vous pouvez le constater après plusieurs semaines de jachère rédactrice, je reviens en cette nouvelle année avec pas mal de sujets et suffisamment de temps pour en faire quelques articles. Vous êtes contents ? (*sort un M16*) Plus haut les mains, j’ai dit ! Vous voyez, tout le monde lève la main ! C’est parfait, nous pouvons donc commencer.

En ces temps difficiles, vous n’ignorez sans doute pas que le site Megaupload a été contraint de fermer ses portes, sous les sceaux infâmiques du piratage, de l’illégalité et de la non-rétribution des artistes (c’est vrai que ne pas donner 20€ de plus à des mégastars qui gagnent déjà 1000 fois mon salaire, je trouve ça vraiment révoltant. Comme plaindre que le transfert d’un footballeur ne lui ait apporté que 30.000.000€, c’est vraiment regrettable). Comme tout le monde ne semble pas partager cet avis, et que la semaine passée a été très riche en trolls (avec toi, et toi, et toi aussi notamment, vous vous reconnaîtrez petits galopins), je voudrais donc revenir sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur : l’accessibilité de la culture.

Un des premiers arguments contre le téléchargement illégal est simple : si on télécharge illégalement, on ne paye pas. Si on ne paye pas, les artistes ne sont pas rétribués. S’ils ne sont pas rétribués, ils ne peuvent plus vivre de leur art. Donc, ils meurent. Prenons donc le classement 2011 des films les plus téléchargés illégalement disponible ici. Qu’y trouve-t’on ? Fast and Furious, Harry Potter, Very Bad Trip… c’est à dire ce que l’on appelle des superproductions menées par des gens riches à milliers/millions. Donc, pas vraiment ce qu’on peut appeler des artistes en danger qui ne peuvent pas vivre de leur travail. En effet, je n’ai pas vraiment de scrupules à faire perdre 20€ à Vin Diesel quand on sait qu’il collectionne les voitures comme moi les DivX.

Hasard, dites-vous ? Prenons le même classement, pour le monde des jeux vidéos cette fois(voir le classement ici. Même topo. Ce sont les gros studios qui sont les plus téléchargés, c’est à dire des éléments déjà implantés depuis longtemps et dont la stabilité financière n’est pas vraiment en danger. Et l’argument porte d’autant plus ici, puisque contrairement aux jeux dont la vente est le seul moteur financier, le marché du film possède le cinéma comme ressource principale.

Prenons maintenant un second argument simple : le prix. En effet, téléchargement illégal mis à part, il est devenu logique aujourd’hui d’acheter un dvd 20 euros (voire plus), un nouveau jeu 60 euros (le prix d’une semaine de bouffe pour ma part, après je sais pas vous), un cd entre 10 et 15 euros (même pour les versions dématérialisées, qui ne coûtent rien à produire, le coût reste sensiblement le même que pour un cd, alors que les contraintes de production limitées ne s’appliquent plus. Un cd coûte 10/12 euros sur iTunes, pour 15 euros en dur à la fnac). La vérité, encore une fois, est que le marché du cd s’effondre et que les majors s’accrochent à sa survie plutôt que de s’adapter au monde en perpétuelle évolution.

Prenons un nouvel argument, et de taille : l’éthique. En effet, gratuit ou pas, justifié ou pas, le téléchargement illégal c’est du VOL, et le VOL est puni par la LOI(c’est ce qu’ils disent dans les petits vidéos au début des dvds. D’ailleurs, vous avez remarqué ? Ce sont ceux qui achètent les dvds qui se coltinent ces vidéos là, alors que par définition, s’ils ont acheté, c’est qu’ils sont en règle). Donc, l’éthique. En effet, ça me fait toujours un petit quelque chose en cliquant sur un download link de me dire que ça me place du mauvais côté de la force. Puis je regarde. Je me souviens qu’on est dans une société de profit où le consommateur est sans cesse exploîté, où on lui fait payer une marge aberrante sur les services et biens achetés (exemple typique : le débat des forfaits téléphone en ce moment). Alors je me dis que c’est de bonne guerre. Qu’il n’y a pas de raison. Et bizarrement, quand on offre aux gens la possibilité d’accéder à la culture et à l’information gratuitement, on s’étonne encore qu’ils s’en servent. Parce que quand on offre à une entreprise la possibilité de s’enrichir sur le dos des gens, elle refuse peut-être ?

Pourtant, la culture est un droit, et non un luxe que ne peuvent s’offrir que les privilégiés. Que la culture ait un coût est humain et entièrement normal, mais il faut s’interroger sur ce coût. Sur l’accessibilité à la culture. Je claque tellement d’argent en films, jeux et livres que mon banquier commence à envoyer des hélicos chez moi pour venir me chercher. Et quand je vois le prix que ça me coûte, je trouve ça aberrant de payer autant pour si peu. Pourquoi ne pas inclure des forfaits (peut-être même dans les impots ?) pour que l’accès à la culture puisse être indexé non plus sur la quantité d’argent que l’on possède ? Non, parce qu’au risque d’être gauchiste, c’est aussi grâce à des révolutionnaires qui voulaient mettre la culture qu’on a fait avancer l’histoire (gutenberg, par exemple). La culture ne doit pas être liée à l’argent, elle doit profiter au plus grand nombre.

Continuons sur un autre problème, à savoir les petits artistes. En effet, ce sont eux les plus touchés par le téléchargement illégal : si leurs oeuvres ne sont pas achetées, il ne peuvent plus vivre de leur art. Mais, et c’est bien là l’avantage, si leur oeuvre est disponible gratuitement sur le net, ils sont donc écoutables et testables par tout le monde. Cela leur rapporte donc une forte notoriété, un fort écho, une bonne réputation et donc une assise de fans. Ca a été le cas pour des gens comme Kamini ou Basshunter pour lesquels Internet et le libre accès à leurs oeuvres ont été la clé de leur notoriété en France. Ou encore Bjork qui invitait elle-même ses fans à pirater son dernier album, de même que System of a Down qui avait intitulé une oeuvre “Steal this album !”. On écrit même aujourd’hui des guides sur comment créer une oeuvre qui deviendra célèbre sur le net. On pourra rétorquer : “Oui, mais combien meurent d’avoir été téléchargés illégalement ?”. On pourra alors ici répondre par une question : “Combien d’artistes téléchargeables légalement(et uniquement) sont morts ? Ou combien n’ont pas pu se lancer faute d’avoir été produits par une major qui refusait d’investir ?”. Internet donne leur chance aux gens, il leur donne un espace où s’exprimer et tenter de se faire entendre. Il faut le voir comme une arme, pas comme un ennemi.

Enfin, pour parler techniquement, parlons chiffres. Je ne m’étendrai pas sur de l’analyse statistique( au risque de vous plonger dans un sommeil quasi-éternel dont vous vous réveillerez sans argent, que j’aurais à juste titre dépensé dans de jeunes adolescentes thaïlandaises qui manquaient à ma culture) je vous recommande donc de lire ces articles ici ou si le sujet vous intéresse. Pour les plus courageux, qui souhaitent des études plus poussés (et menées par des professionnels de l’industrie), je vous encourage à lire ceci et celà(Anglais et long moment requis).

Pour conclure, je pense que le téléchargement illégal sous toutes ses formes est le témoin criant d’un problème de coût et de facilité d’accès à toutes les formes de culture(10€ la place de cinéma, 10 à 15€ pour un album musical, 20€ le dvd, 20 à 40€ pour un nouveau livre, 40 à 60€ pour un jeu vidéo, jusqu’à 300 euros pour une place de concert, …). Et en attendant que les mentalités évoluent (ce qui mettra probablement très longtemps), je ne compte pas me laisser exploîter financièrement. La culture aussi est en crise, et les banquiers de la connaissance que sont les majors ne réagiront pas sans opérations coup de poing.

Et c’est bien dommage.

Périgrinations et errances parisiennes

Lecteurs, lectrices, geeks, geekettes et lapins, bien le bonjour. Me voilà revenu pour quelques jours de passage à Paris. Pour le boulot, bien entendu, n’allez pas croire que j’y suis retourné de mon plein gré. Cette ville m’écoeure toujours autant. Ses odeurs, ses sons, ses couleurs grises et ternes, ses passants maussades, ses fausses pluies, ses fausses convivialités, ses vrais gratte-ciels inquiétants de toute leur hauteur, le métro trop plein, le sourire trop absent de ces visages mornes.

Les hipsters, bloggeuses et autres artistes ratés vous soutiendront que Paris est la ville de la mode, de l’art et de la grâce. C’est faux. Paris est la ville du paraître, des faux-semblants et des métronomistes qui puent. Paris a son histoire, ses hauts-lieux que le monde nous envie (les musées, les chateaux, les beaux quartiers que l’on se plaît à montrer encore et encore, comme pour humilier tous les provinciaux d’habiter dans des villes dépourvues d’esthétisme), mais cette histoire est éculée depuis longtemps. La tour eiffel ne fascine pas, l’arc de triomphe a perdu sa majesté, les tuileries sont tant remplies de déchets que l’on se çroirait dans n’importe quel square. Toute cette urbanisation, toute cette mauvaise humeur, tout cette pollution sonore, visuelle et olfactive sous la couche de l’intime de montmartre ou du branché du marais me font penser aux fausses usines de l’URSS que l’on construisait pour sauver l’honneur.

Paris est aussi la ville des deux plus grands fléaux des temps modernes (après Abd al malik et Zaz) : les pigeons et les parisiens. Faciles à différencier : l’un deux chie et pisse partout même dans les escaliers, squatte les trottoirs pour roucouler et faire du bruit, envahit les gares et les toits, et l’autre peut voler. Le parisien vous regarde toujours avec l’air de celui qui sait, celui qui dédaigner la plèbe et ne s’intéresse qu’aux hautes sphères que vous, pauvre mortel, ne pouvez approcher.

Les capitales d’Europe et du monde ont toujours quelque chose à dire, sont ravies d’ouvrir les bras aux nouveaux arrivants, et il y règne une chaleur entre les gens absolument formidable: Les bars du golden Gai de Tokyo aussi grands qu’un placard à balai où l’on apprend l’anglais avec un homme d’affaires alcoolique, le modernisme de Bruxelles et ses héros de BD, les grandes allées de Londres où la mini-jupe règne en maître même quand il fait -10… Toutes ces villes accueillent le passant comme un ami. Paris est la seule qui attend que le passant se mette au niveau, comme si c’était lui qui avait des comptes à rendre. Comme s’il devait se sentir coupable de fouler son sol.

Et c’est bien dommage.

Bonne année 2012

Ouais je sais. Ouais, j’avoue, je suis grave absent en ce moment. Mais faut dire, j’ai piscine. Entre les crises de nerfs et la liste de contraintes qui s’allonge, c’est un miracle que je ne sois pas encore sous anxiolytiques. Cela dit, par un miracle de destin et grâce aux hasards de la vie courante, je réussis quand même à poster un petit quelque chose cette année. Comme vous le savez tous depuis quelques jours, 2011 s’achève. Et comme c’est de bon aloi, je voulais dresser avec vous un bilan de ce qui m’avait marqué, de ce que j’ai aimé ou pas en 2011. Oui, c’est cliché, mais j’assume entièrement.

J’ai pas aimé devenir social. Travailler, plonger au coeur du corporate et du politiquement correct, agir pour s’intégrer. Cela m’a apporté la conviction qu’à part manger, le travail ne sert pas à grand chose. Surtout que je bouffe n’importe quoi, finalement. 2011 fut une année de nécessité et non de plaisir.

J’ai aimé me dire que l’année suivante serait 2012. Qu’il n’y aurait plus que quelques mois à endurer avant d’enfin pouvoir enterrer les mayas et rabattre leur caquet à des abrutis qui, fût un temps, m’avaient servi de proches. 2011 fut une année de victoire.

J’ai pas aimé non plus l’incompétence. Rencontrer des gens professionnels, les entendre proférer des horreurs, et devoir se taire, pour garder un climat social, pour respecter sa hiérarchie, pour conserver son image. 2011 fut une année de tromperies.

J’ai aimé consolider des trucs avec LA fille. Parce que c’est chaud, douillet, et qu’à part l’amour, je ne trouve plus grand chose d’intéressant dans ce bas-monde. 2011 fut une année de câlins.

J’ai pas aimé devoir, encore, écraser des abrutis qui se disaient être des amis. Ceux que l’on croyait connaître, ceux qui croyaient nous connaître. Ces gens qu’on pensaient proches et qui n’étaient, comme les autres, que de l’apparât dont l’on parlait pour vendre un simulâcre de vie sociale. 2011 fut une année de solitude.

J’ai aimé devenir entièrement indépendant. Ne plus devoir rendre de comptes à personne et pouvoir changer de vie du jour au lendemain sans demander la permission, sans même savoir si c’est possible. 2011 fut une année de liberté.

J’ai aimé garder contact avec les jeux vidéos. Au plus profond de moi, je sais que les mois entiers de 2010 perdus dans le jeu ne sont pas qu’un souvenir, qu’il en reste une trace. J’ai moins aimé y penser avec nostalgie, en me disant que ce ne serait plus jamais possible de vivre aussi intensément cette passion. 2011 fut une année de jeux.

J’ai pas aimé me rendre compte que c’est difficile de lutter. Avant, vouloir changer les choses était un projet. Maintenant, c’est un luxe. 2011 fut une année de désillusions.

J’ai aimé adopter des chats. Parce que c’est doux, câlin, poilu et quand c’est petit c’est trop mignon. 2011 fut une année féline.

Voilà, pour toutes ces raisons et bien plus encore je vous souhaite à tous, amis lecteurs, une bonne et heureuse année 2012.

JDR : Le délire de victimisation

Bonjour à tous amis lecteurs. Aujourd’hui, et ce pour faire écho à cet article d’un odieux connard sur le jeu de rôles (allez lire, c’est vraiment très bon), j’aurais souhaité aborder avec vous un thème de sociologie rôlistique moderne : le délire de victimisation du rôliste. Avant de se lancer dans les hostilités, je rappelerai juste qu’il est inutile de venir m’attendre chez moi avec des baramines, de toute façon j’y suis pas. Alors asseyez-vous convenablement et lisez jusqu’au bout…

Dans les débuts du jeu de rôles (fin années 70/début années 80) plusieurs déséquilibrés mentaux (américains) tristement célèbres furent les auteurs de faits divers qui donnèrent au JDR (Jeu De Rôles) les préjugés satanistes et dangereux que l’on retrouve encore aujourd’hui parmi les gens les plus puritains. Suicides, pseudo-rituels et autres actions du même genre furent médiatisés, et il n’en fallait pas plus pour que l’amalgame satanisme-rôlisme soit fait. Même maintenant, nombre de gens sont très fermés à ce loisir, 30 ans après. Et tous les rôlistes qui me liront seront probablement conscients des difficultés et des préjugés dont je parle, car vous y avez forcément eu affaire au moins une fois .

Pourtant, le jeu de rôles, comme toute activité de groupe, a évolué, et finalement, à part chez quelques radicaux, le jeu de rôles est redevenu le “sport” anonyme pratiqué par seulement quelques geeks et spécialistes. Il est tombé dans l’anonymat global, en reprenant un peu le statut que possédait le jeu vidéo il y a 30 ans. En général, pour devenir rôliste aujourd’hui, il faut soit connaître un rôliste qui vous fera découvrir le loisir et ses potes rôlistes, soit être déjà profondément immergé dans la geekosphère et s’intéresser au JDR par “effet collatéral”. L’univers rôliste est devenu intimiste, calme, et beaucoup moins sur le devant de la scène que les autres branches “geeks” que sont notamment l’otakisme et le gaming.

Néanmoins, les préjugés américains perdurent, et ils ont plus terni l’image du JDR vis à vis des rôlistes eux-mêmes que vis-à-vis du grand public. En effet, ces préjugés sans fondement sont devenus l’excuse magique des rôlistes. Nombre de joueurs, pourtant excellents, ne résistent souvent pas à tomber dans une victimisation abusive, à défendre une théorie quasi-complotiste soutenant que si le JDR ne s’étend pas, c’est que LE MONDE ENTIER nous regarde de travers : arrêtez les gars, on n’en est plus là. Il n’est plus nécessaire de croire que le jdr est dans le colimateur de nombre de gens. Finalement, la plupart des gens s’en foutent, comme de tout ce qui touche aux jeux vidéos, jeux de plateau, de cartes, … Certes, certains piliers (notamment plusieurs politiques, que je ne citerai pas ici) continuent à véhiculer une fausse image de nous, mais leur déclin de crédibilité est flagrant.

Ce délire de victimisation se retrouve beaucoup chez les “jeunes” rôlistes, ceux de la vague Whitewolf 2.0 et D&D 4 notamment, car la mauvaise image du jdr a donné à ce loisir un aspect “dark”, “rebelle”, presque “gothique”. C’est devenu carrément la classe d’être un geek ET un rôliste, parce que c’est se définir comme doublement original. Finalement, ce délire de victimisation a occasionné la création de kévins-rôlistes.

Et c’est bien dommage.