Périgrinations et errances parisiennes

Lecteurs, lectrices, geeks, geekettes et lapins, bien le bonjour. Me voilà revenu pour quelques jours de passage à Paris. Pour le boulot, bien entendu, n’allez pas croire que j’y suis retourné de mon plein gré. Cette ville m’écoeure toujours autant. Ses odeurs, ses sons, ses couleurs grises et ternes, ses passants maussades, ses fausses pluies, ses fausses convivialités, ses vrais gratte-ciels inquiétants de toute leur hauteur, le métro trop plein, le sourire trop absent de ces visages mornes.

Les hipsters, bloggeuses et autres artistes ratés vous soutiendront que Paris est la ville de la mode, de l’art et de la grâce. C’est faux. Paris est la ville du paraître, des faux-semblants et des métronomistes qui puent. Paris a son histoire, ses hauts-lieux que le monde nous envie (les musées, les chateaux, les beaux quartiers que l’on se plaît à montrer encore et encore, comme pour humilier tous les provinciaux d’habiter dans des villes dépourvues d’esthétisme), mais cette histoire est éculée depuis longtemps. La tour eiffel ne fascine pas, l’arc de triomphe a perdu sa majesté, les tuileries sont tant remplies de déchets que l’on se çroirait dans n’importe quel square. Toute cette urbanisation, toute cette mauvaise humeur, tout cette pollution sonore, visuelle et olfactive sous la couche de l’intime de montmartre ou du branché du marais me font penser aux fausses usines de l’URSS que l’on construisait pour sauver l’honneur.

Paris est aussi la ville des deux plus grands fléaux des temps modernes (après Abd al malik et Zaz) : les pigeons et les parisiens. Faciles à différencier : l’un deux chie et pisse partout même dans les escaliers, squatte les trottoirs pour roucouler et faire du bruit, envahit les gares et les toits, et l’autre peut voler. Le parisien vous regarde toujours avec l’air de celui qui sait, celui qui dédaigner la plèbe et ne s’intéresse qu’aux hautes sphères que vous, pauvre mortel, ne pouvez approcher.

Les capitales d’Europe et du monde ont toujours quelque chose à dire, sont ravies d’ouvrir les bras aux nouveaux arrivants, et il y règne une chaleur entre les gens absolument formidable: Les bars du golden Gai de Tokyo aussi grands qu’un placard à balai où l’on apprend l’anglais avec un homme d’affaires alcoolique, le modernisme de Bruxelles et ses héros de BD, les grandes allées de Londres où la mini-jupe règne en maître même quand il fait -10… Toutes ces villes accueillent le passant comme un ami. Paris est la seule qui attend que le passant se mette au niveau, comme si c’était lui qui avait des comptes à rendre. Comme s’il devait se sentir coupable de fouler son sol.

Et c’est bien dommage.

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