JDR : Le délire de victimisation

Bonjour à tous amis lecteurs. Aujourd’hui, et ce pour faire écho à cet article d’un odieux connard sur le jeu de rôles (allez lire, c’est vraiment très bon), j’aurais souhaité aborder avec vous un thème de sociologie rôlistique moderne : le délire de victimisation du rôliste. Avant de se lancer dans les hostilités, je rappelerai juste qu’il est inutile de venir m’attendre chez moi avec des baramines, de toute façon j’y suis pas. Alors asseyez-vous convenablement et lisez jusqu’au bout…

Dans les débuts du jeu de rôles (fin années 70/début années 80) plusieurs déséquilibrés mentaux (américains) tristement célèbres furent les auteurs de faits divers qui donnèrent au JDR (Jeu De Rôles) les préjugés satanistes et dangereux que l’on retrouve encore aujourd’hui parmi les gens les plus puritains. Suicides, pseudo-rituels et autres actions du même genre furent médiatisés, et il n’en fallait pas plus pour que l’amalgame satanisme-rôlisme soit fait. Même maintenant, nombre de gens sont très fermés à ce loisir, 30 ans après. Et tous les rôlistes qui me liront seront probablement conscients des difficultés et des préjugés dont je parle, car vous y avez forcément eu affaire au moins une fois .

Pourtant, le jeu de rôles, comme toute activité de groupe, a évolué, et finalement, à part chez quelques radicaux, le jeu de rôles est redevenu le “sport” anonyme pratiqué par seulement quelques geeks et spécialistes. Il est tombé dans l’anonymat global, en reprenant un peu le statut que possédait le jeu vidéo il y a 30 ans. En général, pour devenir rôliste aujourd’hui, il faut soit connaître un rôliste qui vous fera découvrir le loisir et ses potes rôlistes, soit être déjà profondément immergé dans la geekosphère et s’intéresser au JDR par “effet collatéral”. L’univers rôliste est devenu intimiste, calme, et beaucoup moins sur le devant de la scène que les autres branches “geeks” que sont notamment l’otakisme et le gaming.

Néanmoins, les préjugés américains perdurent, et ils ont plus terni l’image du JDR vis à vis des rôlistes eux-mêmes que vis-à-vis du grand public. En effet, ces préjugés sans fondement sont devenus l’excuse magique des rôlistes. Nombre de joueurs, pourtant excellents, ne résistent souvent pas à tomber dans une victimisation abusive, à défendre une théorie quasi-complotiste soutenant que si le JDR ne s’étend pas, c’est que LE MONDE ENTIER nous regarde de travers : arrêtez les gars, on n’en est plus là. Il n’est plus nécessaire de croire que le jdr est dans le colimateur de nombre de gens. Finalement, la plupart des gens s’en foutent, comme de tout ce qui touche aux jeux vidéos, jeux de plateau, de cartes, … Certes, certains piliers (notamment plusieurs politiques, que je ne citerai pas ici) continuent à véhiculer une fausse image de nous, mais leur déclin de crédibilité est flagrant.

Ce délire de victimisation se retrouve beaucoup chez les “jeunes” rôlistes, ceux de la vague Whitewolf 2.0 et D&D 4 notamment, car la mauvaise image du jdr a donné à ce loisir un aspect “dark”, “rebelle”, presque “gothique”. C’est devenu carrément la classe d’être un geek ET un rôliste, parce que c’est se définir comme doublement original. Finalement, ce délire de victimisation a occasionné la création de kévins-rôlistes.

Et c’est bien dommage.

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