Parler politique

Pour des raisons qui me sont totalement obscures, peut-être à l’approche des élections qui pourtant suscitent en moi autant d’intérêt que les résultats du foot, il apparaît que je passe mon temps à avoir des idées de politique en tête pour mes articles. Plutôt que d’essayer de défendre un avis ou un parti, j’aimerais aborder un sujet un peu plus neutre, histoire de ne pas jeter trop d’huile sur le feu. Sinon, ce blog tournerait à la machine à trolls, et ce serait beaucoup moins drôle.

La politique fait partie des trois sujets interdits. C’est à dire les sujets que vous pouvez aborder avec n’importe qui pendant un repas, un colloque, une fête ou n’importe quoi d’autre qui consiste en un évènement social, et qui vous amènera nécessairement à vous fâcher avec votre interlocuteur (les deux autres sujets étant la religion et les enfants). Faites le test : même vos amis, parents et autres entreront forcément en désaccord avec vous car c’est un sujet qui divise tout le monde et fait ressortir tous les contrastes : jeunes/vieux, garçons/filles, riches/pauvres, beaux/laids, linuxiens/windowsiens (ah non, ptet pas celui-là) et j’en passe.

Pire encore. Il s’avère que si, pour éviter de ressasser le même sujet, la même prise de tête cent fois de suite, vous essayez de vous retirer d’un débat politique avec des arguments comme “ça ne m’intéresse pas vraiment” ou encore “nan mais moi je vote pas de toute façon c’est tous les mêmes”, alors la politique saura venir vous déloger de votre tranquillité, à travers la fureur de votre partenaire qui répondra alors des choses comme “tu n’es qu’un mou irresponsable”, “nan mais tu te rends pas vraiment compte” et autres.

Pourtant, c’est un phénomène de plus en plus présent et qui commence à inquiéter les gouvernements eux-mêmes (enfin, là, l’exemple est surtout celui de la France). A savoir que les gens sont tellement déçus, tellement écoeurés par ce qui se dit, ce qui se passe, et ce dans tous les camps, qu’ils se détournent peu à peu, inexorablement, tant ils se rendent compte que leur action est vaine.

Et là où la catastrophe intervient, c’est que lorsque vient le moment de voter, ceux qui ont toujours plus ou moins été d’accords avec le pouvoir en place reviennent en force, écraser les restes de ceux qui croyaient encore vaguement que ça changerait. Et finalement, c’est une arme politique redoutable : plutôt que de convaincre les gens de voter pour soi, il suffit de convaincre les adversaires de ne pas voter.

Pour ceux qui auraient des doutes, et qui accordent un tant soit peu de crédit aux sondages, sachez qu’un sondage Louis Harris donnait M. Le Pen comme candidate au second tour déjà pour le gain récent d’intérêt pour le FN, mais aussi pour la perte de popularité de TOUS ses conccurents (et donc, pas uniquement N. Sarkozy).

A bon entendeur…

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