Eyjafjöll

C’est une montée progressive que l’on croit tout d’abord facile à ignorer. Elle peut être provoquée par n’importe quoi : une allusion dans un livre, une jolie fille dans la rue, ou simplement ton esprit qui a un peu trop vagabondé. Cela commence par des picotements dans le ventre, le bas du dos, qui remontent lentement le long du corps. Isolé dans ta bulle professionalo-sociale, tu te replonges dans tes activités, chassant ces idées lubriques de ta tête. Mais ton corps, affamé depuis trop longtemps, ne l’entend pas de cette oreille. Les sens en alerte, la peau tendue, ton désir envahit peu à peu ton corps, d’abord subtilement, puis de manière de plus en plus imposante. Lorsqu’il est là, il n’est plus possible de l’ignorer.

Pourtant, tu voudrais paraître sérieux, garder le contrôle, mais tout ton corps devient un volcan en erruption, tous tes muscles, tes tendons hurlent ton envie d’une voix sourde que ton esprit parvient encore tant bien que mal à calmer. Tu es dans les transports, en réunion, au volant, ou dans toute autre situation où tu ne peux discrètement t’échapper. L’esprit et le corps se livrent un farouche combat, à qui prendra le dessus, à qui réussira à guider ta conduite. Ta concentration s’étiole tandis que les picotements remontent le long de ta nuque et prennent possession de ton coeur, de tes poumons, de ton cou. Tes ongles ravagent tes paumes, serrées dans l’espoir que ça passera.

Mais ça ne passe pas. Tu essaies de marcher pour te calmer, mais tes jambes trembles tellement que tu peines déjà à tenir debout. Peu à peu ton esprit s’efface et tu ne vois plus les gens autour de toi comme des anonymes, mais comme des candidat(e)s susceptibles de t’apporter l’affection dont ton corps hurle la carence.

Tu transpires à grosse gouttes tandis que ton esprit capitule, et que l’imagination dorénavant au service de ton corps te bombarde de flashs de tout ce que tu as fait, ou as rêvé de faire dans le domaine du sexuellement inavouable. D’une manière ou d’une autre, tu parviens à te détacher de tes obligations, et tu t’isoles pour quelques secondes, quelques minutes, ou bien plusieurs heures, seul ou accompagné, pour trouver le temps de reprendre tes esprits et de calmer ton corps qui, sous cette liberté nouvelle que tu lui donnes, explose. Tu fermes les yeux et tes jambes cèdent sous ton poids. Tu restes écroulé à terre à rechercher ta respiration. C’est fini.

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