S’ennuyer, c’est le pied

En lieu et place d’une avalanche de lieux communs sur la folie du couple, le romantisme, les coups d’un soir, les gueules de bois et l’inéluctabilité de ma propre solitude spirituelle, j’aimerais exposer quelques détails sur les relations amoureuses que j’ai récemment constatés. Vous n’avez pas réussi à comprendre la première phrase ? C’est normal. J’avais envie d’utiliser l’expression “en lieu et place” pour faire croire à une intense réflexion autour de la richesse vocabulistique de ce blog sans pour autant vraiment savoir ce que j’allais réellement dire.Cela permettait de vous bluffer bande de lecteurs, histoire de vous faire croire que j’étais quelqu’un d’intelligent. Vous ne m’avez pas cru ? Tant mieux, ce sera plus simple pour se comprendre.

Relations amoureuses, donc. Pour ceux qui ne sauraient pas encore, je fais partie de cette grande catégorie de gens que l’on appelle souvent “romantiques”, et que je qualifierai plus précisément d’ “imbéciles”. Vous voyez le genre : ces personnes qui ont fait l’erreur d’avoir des principes et de s’y tenir coûte que coûte, au péril de leur intégrité mentale. C’est ce romantisme qui fait avoir des réactions bêtes comme “Peu importe que je sois dépressif, je ne sortirai pas avec une fille juste pour coucher” ou encore “Je suis sûr que je trouverai la fille parfaite”. Vous trouvez ça mignon et intelligent ? Détrompez-vous : ce sont surtout des contraintes morales que même la société ne nous impose plus. En définitive, être romantique, c’est se dire “si c’est juste pour coucher, c’est trop facile, alors on va se rajouter des contraintes pour rigoler un peu et faire croire qu’on a une conscience”. Sauf qu’entre moi, geek dépressif ayant pour meilleurs amis une couette et un yoshi géant, et Dédé, djeun’s du coin, qui se tape une bombe latino/asiatique/maroccaine/islandaise/whatever différente chaque soir, il y’a vraiment des fois où j’ai l’impression d’avoir choisi la mauvaise équipe.

Mais trêve de considérations sur le romantisme. Ce n’est pas là que je voulais en venir, mais plutôt au fait que je me rends compte, avec horreur et désarroi, que la passion, l’amour et la peur de la solitude entrent en conflit direct avec la raison, la logique et l’intérêt. Je sais en moi que ce que j’aimerais c’est une relation stable, facile, ou les difficultés les plus grosses consistent simplement à faire des concessions et à faire usage de patience et de tolérance lors de prises de bec occasionnelles. Or, par un hasard malencontreux, et en dépit de toute la rigueur personnelle que j’essaie d’avoir vis à vis de ma propre manière d’être, je m’arrange toujours pour n’être attiré que par des filles à l’exact opposé de ce modèle : folles ou délurées, ou encore incontrôlables, socialement inaptes, physiquement décadentes, politiquement incorrectes, et j’en passe. (Certes elles ont rarement tous ces points de caractère à la fois, je vous l’accorde, mais quand même).

C’est à croire qu’il existe un conflit au sein de ma tête entre le modèle que je m’efforce de poursuivre et ce dont j’ai réellement envie. Naturellement, avec un brin de recul, je me rends compte du caractère ridicule de mon raisonnement, et d’à quel point il ne tient pas debout. Mais je cèderai à la facilité en citant une phrase de la personne qui m’a inspiré ce texte : “Pourquoi serait-ce ridicule ?”.

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