Cold, cold night

Une insomnie peut vraiment vous prendre à un moment où vous ne l’attendez pas. Ce n’est vraiment pas très pratique. En revanche, cela permet d’exploîter ce filon d’inspiration inépuisable qu’est la nuit, dans la chaleur d’un café, dans la douceur d’une couette fraîchement lavée…

J’ai toujours aimé la nuit. C’est le moment de la journée, le seul et unique, où le temps n’est pas compté, où les délais et contraintes de temps sont suffisamment lointains pour que tout paraisse possible, pour que le florilège d’activités interdites par la course contre la montre de la journée devienne enfin possible, et s’ouvre à nous. Les jeux, les sorties, les câlins, les confidences, l’oubli de la journée dans les tréfonds d’une bouteille de whisky, ou dans ceux plus insidieux des excitations vidéo-projetées sont du domaine de la nuit, lorsque toute obligation personnelle a disparu et qu’il ne reste plus qu’un certain nombre d’heures à séparer entre vos envies et votre sommeil.

La nuit peut se passer seul tout d’abord, au fond d’une ruelle crasseuse ou d’un parc abandonné par ses passants et dont la fréquentation devient douteuse à partir d’une certaine heure. C’est dans ce cas le temps des peurs et du froid, mais aussi du bonheur de retrouver un logis chaud et particulièrement calme lorsque l’on rentre, à pas feutrés, d’une soirée plus ou moins arrosée. On pourra alors profiter de tous ceux qui ont passé la journée à nous attendre : le sage oreiller, sage conseiller auprès duquel chacun d’entre nous passe environ 1/3 de sa vie, mais aussi la douce et chaude couette, qui n’attendait que notre retour pour jouer son rôle, celui de bouclier entre nous et l’extérieur afin de nous protéger de toutes nos peurs et nous accorder un repos crucial et indispensable de quelques minutes pour certains, ou de quelques heures pour les autres.

Mais la nuit n’est pas que le temps du sommeil. Elle est le moment du jeu, des films, des lectures passionnées des heures pour enfin arriver à finir ce satané bouquin qui vous tient en haleine depuis tant de soirées, ou bien que vous êtes contraints d’ingurgiter pour le compte d’un instructeur qui en journée vous terrorise mais qui, la nuit, isolé chez vous, vous paraît bien loin. La nuit est le moment des accords électros crachés par un lecteur mp3 dans un coin de chambre pour bercer vos débats virtuels les plus importants, ceux qui n’auraient pu naître entre vous sans la complicité de l’obscurité.

Pour les plus jeunes(je suis un vieil aigri, c’est bien connu), la nuit est le moment de l’interdit où la sacro-sainte lampe torche, cachée sous l’oreiller, joue son rôle pour éclairer sous la couette d’une faible lueur les activités interdites à une heure si tardive par les autorités parentales (ne niez pas, on l’a tous fait). Pour les autres, la nuit est aussi le temps de la folie, de la sueur, des corps enlacés, des aventures d’une nuit qui se termineront le lendemain matin, le corps en feu et la tête vide. Cela peut aussi être le moment du romantisme, ou les câlins et caresses s’éternisent, où les grands projets de la vie s’élaborent lové au creux de bras chaleureux et enfin délestés de leurs obligations quotidiennes pour s’occuper de vous, et uniquement de vous.

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