Chaleur

Me tournant et me retournant sans cesse, je cherche le sommeil. La nuit tombée depuis bien longtemps n’a pas su apporter le regain de fraîcheur qu’elle aurait du, et ainsi mon corps bout de l’écrasante chaleur qui règne dans la pièce, véhiculée à la fois par l’été ardent qui rend l’atmosphère irrespirable et par les innombrables machines qui sont allumées depuis trop longtemps et augmentent encore la température de ma chambre. Tout, de la couette trempée à mon verre vide, renvoie une impression d’inéluctabilité.

Les parois de mon crâne sont dévorées par une migraine délirante dont les cachets pris à répétition ne suffisent plus à calmer la douleur. Je me tiens la tête dans les mains et essaie de forcer mes tempes à reprendre un peu de leur souplesse, d’ôter ces poignards de mes yeux, de revenir au calme, mais en vain. Chacune des parcelles de mon corps hurle et se rebelle contre la chaleur et , dans mon délire, la fatigue et la folie me clouent tant sur mon lit que je ne trouve même plus la force d’aller boire. Ma gorge sèche hurle tout autant que mon corps dont émane à chaque seconde des litres de sueur qui coulent le long de mon cou, de mon ventre, de tous mes tendons et de mes muscles, pour aller se perdre quelque part dans mon lit, rendant son contact encore plus insupportable. Alors que la fatigue imposée par une immobilité certaine(due à la recherche du sommeil) me cloue au lit, tout mon corps se révulse à l’idée de rester enchaîner à ces couvertures trop chaudes, cet oreiller trop épais, ce drap trop froissé.

Je repousse au loin tous les tissus encore en contact avec ma peau, espérant faire circuler suffisamment d’air sur mon corps pour retrouver un relatif apaisement. En vain. Je me retourne, cherchant au sein de mon lit quelque compagnie qui pourrait partager sa fraîcheur à elle. Mais cette recherche est à nouveau vaine. Je suis donc condamné à errer entre les mondes de la somnolence et du rêve, ni vraiment dans l’un, ni vraiment dans l’autre, dévoré par ce mal de l’insomnie due à la chaleur.

Les enceintes crachent au loin de la musique censée détendre l’atmosphère et me faire retrouver ma tranquillité. En vérité, les notes grésillantes s’ajoutent au bruit ambiant des ventilateurs des machines et ne font qu’accroître ma douleur. Dans un effort surhumain, je réussis à me lever. Je sens ma peau qui colle au moindres parois de tissu qu’elle peut rencontrer sur son parcours. M’extirper de mon lit est un vrai calvaire. Je me traîne jusqu’à la salle de bains sans vraiment regarder où je vais. Tête sous l’eau. Whisky. Doliprane.

Chers lecteurs, j’ai chaud….

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s