Carnet (extraits)

Tokyo, 4 novembre. Jardins du palais impérial.

Bon, encore une fois, j’esquive les gratte-ciels et la consommation à outrance pour aller découvrir des côtés plus traditionnels du pays. En cette période d’automne, les jardins sont des avalances de couleurs, du jaune au rouge, du vert au brun. L’accès grand public étant complexe (du genre imprimer un permis la veille et tout), j’ai décidé de passer mon tour là-dessus, je me contenterai de l’enceinte et des jardins. Enceinte plutôt bien gardée d’ailleurs : rondes, caméras, grilles….

On retrouve dans les bâtiments les formes classiques de l’architecture japonaise (notamment au niveau des toits), les statues, les murs et allées sinueuses pour donner des avantages militaires et stratégiques majeurs… Néanmoins, la visite n’est finalement pas si fructueuse que ça : le temps est gris et les décors verdoyants sur fond d’immeubles en béton-verre sont vite répétitifs. J’ai terminé mes clichés pour ce quartier là.

Bon, évidemment, comme je fais tout en marchant tout seul dans un pays où personne ne comprend ce que je dis quand je parle, j’ai tendance à beaucoup penser (je dis penser parce que réfléchir sous-entendrait que j’arrive à trouver des solutions à mes problèmes alors que je suis parfaitement improductif). Je pense à elle, bien sûr. Je suis inquiet. J’aimerais tant lui dire que je l’aime (le premier qui dit que je deviens niais je le tabasse), lui faire comprendre à quel point je tiens à elle, mais je n’arrive pas à m’ouvrir suffisamment, à détruire ce rampart de logique et de froideur qui me permet de rester cohérent et relativement stable mentalement. J’aimerais tant me plonger dans ses bras pour ne jamais en ressortir, vivre et revivre nos journées collés sous la couette, nos nuits enflammées. J’ai besoin d’elle, maintenant et pour toujours.

Bon, histoire de, je pense vaguement à mon avenir aussi. Qu’ai-je envie de devenir ? Sans tomber dans le cliché de “je me suis trompé je vais tout reprendre depuis le début”, je ressens de plus en plus que je n’aurais jamais la force d’assumer ce que je cherche, que je finirais cadre moyen dans une boîte quelconque et que cela sera très-bien-comme-ça-non-mais-de-quoi-tu-te-plains. Parce que ce que je vais devenir me dégoûte mais que je n’arrive pas à trouver un moyen fiable de prendre une décision, je vais finir par être un simple mouton, incapable d’agir, qui n’aura que l’initiative qu’on lui aura enseignée.

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