Sexisme chez les geeks : comment vous convaincre que vous êtes malade(et comment ne pas y remédier).

Ami(e)s geeks, ami(e)s gamers(euses), ami(e)s lecteurs(ices) et passionné(e)s de tous poils et de toutes plumes, bonjour. Vous souvenez-vous de notre consoeur bloggeuse qui s’insurgeait contre les travers sexistes des geeks, et notamment contre le violent dérapage sur Tomb Raider dans Joypad (Ici)? Non contente d’égréner une première fois ses préjugés basés sur une minorité de cons, figurez-vous qu’elle a remis le couvert (). Déçu d’une telle agressivité et n’ayant pas comme vous le savez, ma langue dans ma poche, je livre ici mes réactions à cet article.

Après avoir passé plusieurs heures à peaufiner avec soin un mail construit et argumenté pour expliquer pourquoi je n’étais pas d’accord sur les généralisations rapides du premier article(mail auquel bien entendu je n’ai jamais reçu de réponse), voici que son second article réduit à néant et méprise mes efforts d’un simple paragraphe :
“Et d’autre part, la prévisible levée de boucliers. Des torrents de geeks indignés de se voir ainsi « stigmatisés ». Car évidemment, pointer un problème dans une communauté dont on se revendique fièrement soi-même, c’est faire preuve de haine irrationnelle envers ladite communauté…Ne raconte pas ton expérience du sexisme, femme, les hommes risqueraient d’être mal à l’aise. Et ils le feront savoir ! Des accusations de « misandrie » ou de « racisme anti-geek » (!) aux insultes misogynes les plus crasses, en passant par les menaces de violences sexuelles…”

Aussi étrange que celà puisse paraître oui, effectivement, quand on trolle et qu’on l’on s’oppose ouvertement et aussi vivement à une communauté complète, forcément on se prend une levée de boucliers. C’est ce que l’on appelle “débattre”. En fait, non, avec des arguments aussi pauvres que ceux que vous avancez, on en est plutôt au stade de la querelle de clocher. Un article haineux entraîne des réactions haineuses. En déduire que nous sommes tous cons et machistes est une facilité à laquelle j’éspérais silencieusement que vous ne céderiez pas. En vain. Donc, d’après Mar_Lard , être un geek c’est avoir été nourri au grain du sexisme, être un autiste doublé d’un crétin machiste. Amis, amies qui vous pensiez ouvert(e)s, c’est loupé. Si vous avez aimé Lara Croft, c’est forcément pour ses seins, si vous ne l’avez pas aimé, c’est forcément parce que vous êtes un homme et que vous ne pouvez pas vous identifier à un personnage féminin. Argumentation imparable.

Pour répondre correctement à cet article, j’aimerais soulever les deux points qu’il aborde : d’abord, la place de la femme et sa représentation dans les univers ludiques, puis sur la perception des filles dans les différentes communautés de geeks. Commençons par un constat simple : l’article de joypad(qui semble-t’il a mis le feu aux poudres) était de très mauvaise qualité. Que ce soit par volonté ou par maladresse, le message ambigü qu’il délivre n’est pas digne d’un journaliste, a fortiori d’un journaliste ayant un pouvoir de conviction sur un jeune public. A ce titre, inutile de chercher dans mes propos une défense du-dit article. Je ne souhaite pas défendre Joypad, je souhaite simplement montrer que non, l’univers geek n’est résolument pas sexiste.

La mauvaise foi dans l’article est double : d’abord prétendre qu’il n’existe pas de personnage féminin dans un jeu, et ensuite annoncer que les seuls personnages féminins ne sont vendus que pour leur plastique. Elevé à la mode console, les filles ont fait leur place dans cet univers au travers de personnages centraux comme Samus, Lara Croft, Dixie Kong, Claire Redfield ou plus secondaires comme Linoa ou Ondine. Bien entendu, à l’époque tout du moins, la majorité du public étant masculin, on proposait avant tout des personnages masculins au centre des jeux. Pour autant ce n’était ni systématique ni sexiste : simplement, le jeu s’adaptait à son public. Aujourd’hui que l’univers du gaming a évolué, qu’il est devenu plus accessible au grand public et que la proportion de femmes a grandement augmenté, de nombreux jeux se sont adaptés à cette évolution. Soit par des rpg qui proposent de choisir le sexe de son personnage (Elder Scrolls, Mass Effect, Monster Hunter, …) soit par l’apparition et le renfort de la crédibilité des “copines de héros” dont certaines possèdent aujourd’hui leurs propres jeux .Super Princess Peach ou Final Fantasy X-2 sont de très bons exemples.Les filles, autrefois simples compagnes des héros masculins, ne sont plus seulement des élements bons à se faire enlever/se faire sauver, mais bien des personnages complets possédant leurs propres univers, et totalement libérées du joug masculin. Le public évolue, les jeux aussi.

C’est dommage de n’avoir attaqué que sur l’aspect physique de Lara comme éloge du sexisme, car il y avait un argument bien plus percutant et plus subtil : son célibat. Tous les hommes dans les jeux vidéos ont des fiancées, des femmes, des petites amies : Snake, Mario, Link, Ezio Auditore, Sacha, …. Or, Lara n’a pas de copain connu(tout du moins jusqu’à la version 6, je n’ai pas joué après). On en revient au même argument. L’argument commercial est percutant : les filles dans les jeux vidéos(comme ailleurs) n’ont besoin de personne pour s’en sortir, et surtout pas des hommes.

“Un personnage féminin n’est pas incarné, il est regardé”. C’est un faux problème. Tous les personnages sont incarnés ET regardés quel que soit leur sexe, et particulièrement dans notre époque de croissance exponentielle des rendus graphiques des jeux. Ils sont tous soignés physiquement, hommes comme femmes, pour être agréables à l’oeil et évoquer des images plus ou moins sexuées. Même les personnages mâles bénéficient de ce principe. Il n’y a qu’à voir comme nous bavons tous devant les physiques d’Ezio, de Marcus Phenix, de Tyrael… La subtilité réside dans le fait que chacun voit dans le personnage qu’il incarne ce qu’il a envie d’y voir. Le cinéma nous vend Edward et Bella, le jeu vidéo nous vend Link et Lara. Chaque joueur(euse) voit dans son personnage un avatar. En effet, lorsque ce personnage central est unique, il faut faire le choix de son sexe. Chaque jeu fait ce choix différemment, pour autant les seules raison du choix ne sont pas la plastique ou la similarité entre le sexe du personnage et celui du joueur. Lorsque les personnages principaux sont nombreux (dans les Final Fantasy par exemple) la parité devient très rapidement le moteur pour équilibrer le groupe. Tous les personnages féminins n’en sont pas pour autant baclés, ou utilisés seulement comme objets à sauver. On ne soigne pas spécialement l’apparence des filles, les clichés sexués des personnages sont aussi vendus chez les personnages masculins. (Des exemples Ici, ici et ).
Aujourd’hui, les modèles changent, et le public aussi : les filles sont plus nombreuses dans la communauté geek qu’auparavant, suffisamment nombreuses pour ne plus être vues comme une minorité. Fort bien. Nombre de titres, de studios de développement se sont adaptés au changement : Les héroines se font de plus en plus nombreuses, l’image d’une plastique parfaite et des clichés physiques s’étend aux hommes, donnant naissance aux modèles comme le beau brun ténébreux(Ezio), l’enfant trop vite grandi(Tidus), le solitaire indépendant(Marcus Phenix). Donc, à différentes vitesses, les studios de développement s’adaptent à leur nouveau public. La seule chose que vous leur reprochez, finalement, est de ne pas le faire assez vite.

Un nouveau point sur lequel je ne suis pas d’accord, c’est votre raccourci facile entre les joueurs, le sexisme et la rape culture. Pardonnez-moi, mais passer en moins de dix lignes de la critique d’un journaliste à une conclusion proche de “tous les gamers, et même tous les hommes proches de vous, sont des violeurs potentiels”, il fallait le faire. S’en servir qui plus est pour aboutir au parallèle entre les jeux vidéos et les risques de viol, c’est beau. Certes, vous êtes sur votre blog chez vous. Tout comme Deez était dans son journal chez lui. Si vous voulez être lue et vous attirer des réactions plus constructives que des torrents d’insultes, éviter de se mettre à dos tous les hommes lecteurs en esquivant ce genre de raccourci me paraît sage. Se sentir insulté de violeur pousse rarement les gens à la réflexion ou à l’écoute.

Encore un point auquel je suis fermement opposé : votre conception du monde geek. Déjà, pitié, arrêtez de parler de “geekosphère”. Il n’existe pas de “geekosphère” tout comme il n’existe pas de “gothicosphère” ou de “modosphère”. La communauté geek n’est pas un rassemblement de boutonneux de 20 ans avec la maturité d’enfants de 7 ans tous taillés sur le même modèle et dotés d’une conscience mysogine commune. Jean-Robert, 38 ans marié deux enfants qui joue aux sims avec son fils le dimanche a le droit de se dire geek, comme Jason 13 ans qui lit des comics le soir avec la lampe sous la couette pour pas réveiller les parents, de même que Sophie 27 ans qui fait du counter-strike le mercredi soir après le boulot et Marie-Suzanne, 73 ans, qui a un diplôme de physique nucléaire. Tous ces gens-là sont aussi des geeks s’ils décident de l’être. Je trouve dommage de la part de quelqu’un qui se revendique gamer (gameuse en l’occurence) de tomber dans le raccourci facile du geek = adolescent attardé. Le geek, pas plus qu’un autre, ne fuit ses responsabilités ou ne refuse de grandir. Tout votre énoncé sur la communauté geek est un ramassis de mauvaise foi et de préjugés. Les archétypes que vous nommez (le casual, le kevin, le noob, …) désignent bien souvent toujours les mêmes personnes : justement ceux dont la maturité et l’âge les empêchent d’avoir une passion réfléchie mais qui le font par copisme et influence. Pourquoi tel ou tel n’est pas vraiment geek ? Ce n’est pas parce qu’un autre geek lui a dit “non on ne rentre pas”. Il lui manque juste une des qualités primordiales qui font un “vrai” geek : l’ouverture d’esprit. On en parlait déjà ici : article.

L’univers geek, comme vous le disiez si bien, est conçu sur des archétypes de garçons et de filles initialement marginalisés parce que trop timides, trop maladroit(e)s, pas assez sociables. Construire les bases d’une culture qui commence aujourd’hui à être reconnue a été long, pesant, coûteux. Vous dîtes que cette construction s’est faite sur les bases du sexisme ? Je ne suis pas d’accord. Cette construction s’est faite sur les bases des gens qui constituaient le public majoritaire. Pendant 30 ans, la majorité (pour ne pas dire l’intégralité) des joueurs, des lecteurs de fantasy ou comics, des rôlistes… étaient des hommes. Les cibles commerciales s’alignaient donc. Donc sur des hommes, souvent célibataires, d’entre 15 et 30 ans. Oui, ils s’alignaient sur des gens pour lesquels les thèmes comme l’amour, la drague, l’attention étaient prédominants. Le jeu vidéo est une relation privilégiée entre le joueur et son imaginaire. Quoi de plus logique donc que les personnages de l’époque aient alors été taillés pour convenir aux imaginaires et aux jardins secrets des joueurs ? Les filles étaient des idéaux de vertu et de romantisme, mais aussi des perfections physiques, dignes des personnages de Disney. Les hommes étaient des héros que tout le monde adulait, soutenait, enviait. Le jeu proposait un idéal au joueur, comme le ferait un livre ou un film. Un endroit où il pouvait incarner ce qu’il n’arrivait pas forcément à mettre en place IRL. Vous y voyez quelque chose de sexiste ? J’y vois un choix simple et logique pour faire un jeu qui plaira au plus grand nombre : Quand la majorité des joueurs sont des hommes, on essaie d’adapter l’univers à des hommes pour faire un jeu plus personnel, plus ciblé.

Nombre de geeks ont souvent été des adolescents un peu timides, un peu maladroits avec les garçons/les filles donc mis au ban pendant l’enfance et l’adolescence, et se sont battus pendant des années pour trouver leur place, des loisirs à leur goût, des passions qui leurs fassent découvrir autre chose que le sport et la drague, justement. Ce que vous reprochez aux geeks, c’est d’être cons. Malheureusement, comme dans tout groupe social, on n’échappe pas à la règle : les personnalités du milieu geek sont, pour certaines, de vrais imbéciles phallocrates et dénués de la notion de respect d’autrui. De là à en déduire que nous sommes tous comme ça, c’est un raccourci facile. Ne vous insurgez pas contre les geeks, insurgez-vous contre les cons. Ce sont des raccourcis comme les votres qui ont fait globalement perdre 15 ans de travail aux féministes, quand leur image médiatique était véhiculée par des enragées plus promptes à la vindicte qu’au débat construit. Tout indigne que ce soit, ce n’est pas à coups de barre à mine qu’on fait changer les gens.

Ensuite, vous énoncez que 47% des joueurs d’aujourd’hui sont des filles, et que globalement le public féminin n’est plus minoritaire chez les geeks.. Pardon, mais nous n’avons pas du fréquenter les mêmes cercles. Sans être une exception improbable, la présence de filles dans des milieux tels que le développement, le réseau ou l’e-sport est encore très loin d’être égale à celle des hommes. Pourtant, on ne peut pas parler, comme dans le monde professionnel, de fermeture : le monde des geeks n’a pas d’entretien d’embauche, de salaire, de sélection à l’entrée. N’importe qui peut y entrer.

Maintenant que nous avons fini avec l’image de la femme dans les jeux, abordons un second point : l’image de la femme chez les joueurs, et chez les geeks en général. Vous vous plaignez, d’avoir des exemples de développeurs qui vont ont craché à la gueule parce que vous étiez une fille ? J’en ai des tas qui ont eu la logique inverse : celle d’être plus ouvert au dialogue face aux filles, plus pédagogue non pas du fait de leur sexe, mais simplement pour ne pas leur fermer l’accès à la communauté à des gens plus minoritaires(oui, parce que que vous le vouliez ou non, l’informatique est encore très peu occupée par des filles).

Un courant de jeux vidéo qui se développe beaucoup dernièrement est celui de l’e-sport(ou sport électronique) : depuis Counter-Strike, DotA et LoL, c’est un univers en pleine explosion et extrêmement lucratif pour nos amis les éditeurs. Premier argument fondamental : c’est la seule discipline sportive au monde qui, même à haut niveau, ne fait pas de distinction entre les filles et les garçons. Les équipes sont mixtes, tout le temps, partout, quel que soit le jeu. Ca devrait être normal partout : pas de différence de compétence entre un homme et une femme. Il n’empêche que seul l’e-sport assume totalement ce concept. Les gamers ne comportent pas plus de sexistes qu’ailleurs : comme toute communauté, elle possède des cons réactionnaires. Comme toute communauté, il n’y a pas que des élites de la pensées dans ses rangs. Pour autant, entendre que nous sommes tous comme ça est un raccourci dont le seul but est de troller et de vous victimiser pour l’intérêt de gagner des sympathisants à votre cause. Vous, Mar_Lard, qui vous revendiquez geek, ça ne vous fait pas mal de détruire à ce point la fragile structure du monde geek juste pour le plaisir de vous donner raison ? Essayez pour voir de tenir les mêmes propos face à des groupes comme les motards, les chasseurs, les footballeurs. Je ne suis pas certain qu’ils brilleront par leur sens de l’équité.

La levée de boucliers et de remarques haineuses vous a aveuglé, madame Mar_Lard, elle vous a empêché de voir des gens qui ont vraiment essayé d’ouvrir le dialogue. Parce que parmi les mails et commentaires d’insultes que vous avez reçu, je suis persuadé que vous en avez aussi reçu plein comme le mien qui ont voulu discuter, échanger de manière constructive sur pourquoi ils n’étaient pas forcément d’accords, sans pour autant défendre avec force insultes la testostérone ambiante que vous attribuez au monde geek. Mais, dans votre passion du troll, combien en avez-vous ignoré qui avaient cette démarche ? 100 ? 1000 ? 10000 ? Mais peu importe, n’est-ce pas : peu importe de détruire une communauté complète par la hargne tant qu’on a le plaisir de troller. Avoir raison à tout prix, déceler le sexisme à tout prix, vaut bien mieux que de se poser des questions. Parce que vos 2 articles ne sont que du troll gratuit : généralisations abusives, phrases sorties de leur contexte, … Et en construisant ce troll, vous pensez avoir semé le trouble parmi les geeks sexistes du zInternet ? Perdu. Vous avez juste semé le trouble parmi ceux qui ont essayé de discuter et en sont sortis avec un avis plus que mitigé sur vous et vos idées. Comme vous le disiez si bien, vous n’avez pas soigné la place de la femme vous avez juste blessé une communauté qui se bat depuis 40 ans pour exister. A défaut d’avoir fait avancer le féminisme, votre article a fait reculer la crédibilité de l’univers geek de plusieurs années.

Et c’est bien dommage.

6 thoughts on “Sexisme chez les geeks : comment vous convaincre que vous êtes malade(et comment ne pas y remédier).

  1. Mentionner Super Princess Peach, c’est un peu donner le bâton pour se faire battre, je trouve… Pour y avoir joué, je le décrirais comme un Mario avec des graphismes un peu plus enfantins et roses, où les armes sont une ombrelle et les émotions, représentées par quatre gros cœurs sur l’écran tactile. Ce n’est pas un mauvais jeu pour autant (le gameplay est original et le moveset plus varié qu’un Mario normal), mais l’idée « c’est un jeu pour filles donc ça doit avoir une interface simple, du rose, des fleurs, des cœurs et des diamants » ne fait pas l’unanimité.

    Sinon, je ne crois pas qu’on ait lu le même article : je me souviens avoir lu dans l’article que le sexisme ambiant n’était le fait que d’une minorité, mais que personne ne réagissait à cette minorité. D’un autre côté, à lire les commentaires, personne n’avait entendu parler des faits mentionnés… o_O

    • Ce n’est pas mon propos de dire que Super Princess Peach est un jeu pour filles. Je dis que c’est un jeu qui met en scène un personnage féminin, et lui donne l’importance qu’elle n’avait pas auparavant. A aucun moment je n’ai dit que c’était un jeu spécifiquement pour filles.

  2. Que dire que dire…. c’est intéressant de voir que lorsque le muet parle au sourd, même l’aveugle ne saisit mot…. tout ceci est un débat, pour tout dire, fort peu simple, car d’un coté on a une voix qui pour se faire entendre, cri plus haut qu’elle ne devrait, quitte à ce desservire, d’un autre coté on a un Mur qui dès qu’on lui dresse un probleme, réponds par un autre, ou détourne. En fait cher monsieur, je tiens dire que tu as fais l’exploits de faire exactement ce que tu lui reproche, bien que j’approuve partiellement ce que tu dis, en cela que tu as manipulé le texte pour lui faire dire ce que tu penses.

    En fait il ne s’agit pas de manipulation mais de troncage d’un esprit fermé face à une critique qui l’a touché personnellement, renforcé par le fait que je doute que tu aies fait ta critique le texte sous les yeux! Je sais car je l’ai déjà vécu. et c’est normal, à la minute ou j’écris ce texte, je n’ai plus tous les éléments en tête, j’en ai jute gardé l’essentiel, ce qui m’a le plus marqué. dès que j’aurais une critique à énoncer, je vais aller chercher dans le texte la partie qui m’intéresse, la sortant, indéniablement de son contexte. Sortie de son contexte, ces fameuse citation auront forcément la signification que je leur donne puisque c’est celle ci qui m’a pousser à les relever, et les citer me confortera dans mon idée… vois-tu le problème du cercle vicieux qui s’installe?

    Une première chose (pas forcément la première du texte) : La geekosphère existe belle et bien, et tu le dis toi même. Il s’agit d’un groupe social, et comme tout groupe social, il se réserve le droit d’accepter/refuser toute personne qui veuille s’y insérer, c’est comme ça que fonctionne l’humain, un groupe social est déterminé globalement par un groupe dominant qui en donne la tendance, le reste du groupe cherchant à s’y faire accepter, se calera sur cette entité, afin qu’elle l’accepte (je ne vais pas te faire de sociologie mais tu comprends le principe) ce que tolère cette minorité dominante, la majorité dominé l’acceptera, dans le cas contraire, elle sera tout simplement banni, et le fait de me revendiquer de ce groupe ne vaudra rien tant que ce groupe ne m’aura pas accepter comme l’un des siens, et plus globalement que les autres groupes sociaux l’approuve aussi. C’est le stéréotype du lycée américain avec le groupedes gens cools, des sportifs, des nerds, des musiciens etc. C’est plus ou moins comme cela que ça fonctionne, c’est pas aussi caricatural, mais, pour te donner un exemple simple : un gars qui se prétends faire parti de la bourgeoisie, n’est rien tant que les bourgeois ne le verront pas a égal.
    Les méchanisme sociaux sont necessairement plus complexes, implicites et un groupe social peut exister sous différente forme selon leur localisation, spécificités internes ou positionnement au sein du groupe, mais tous sont rattachés à quelque chose qui les rendent uniques, et qui les réunissent.

    Ensuite quand tu dis qu’elle s’attaque à la communauté geek en entière en disant qu’on est tous des gros macho frustrés ou alors qu’on les accepte, et que du coup elle tombe dans un amalgame profonds, tu n’as pas tout à fais tord, mais tu te permet un raccourci malsain toi aussi, un troll, qui fera rallier derrière toi toutes les personnes visées par l’articles qui soit ne veulent pas voir le problème soit en sont la cause. Et donnera par la même occasion une vision tronquée et amalgamée de l’article en question. Dire par exemple qu’il n’est pas documenté est déjà un troncage excessif, car il l’est, voir même un peu trop, au point parfois que le lecteur finira par se perdre parmis toutes les références. elle aura justement préféré envoyé le lecteur sur les articles complets, pour la plupart, plutot que de n’en montrer qu’un extrait, afin que le lecteur puisse s’en faire une opinion. ALORS ATTENTION, je ne dis pas qu’elle n’a fait aucun amalgame, ni qu’elle n’a fait aucun raccourci, mais sous la masse d’information qu’elle nous délivre, elle a choisi d’en sortir quelques un comme extraits qui forcément son sorti de leur contextes (cf ce que je dis plus haut) elle étaye ses argument, certe pas toujours pertinents mais toujours agrémentés de preuves. Certains commentaires douteux auront pu être sorti de leur contexte, et il est vrai que cracher sur l’univers qu’elle a choisi de prendre pour modèle est un peu curieux. Maintenant, il existe un noyau dure de Geek misogyne et ultra communautaires qu’on le veuille ou non, ce noyau forme la figure dominante d’une partie de la communauté geek, tant est si bien que tanter de s’y opposer en devient ardu. Cette communauté existe belle et bien puisque l’article dont nous a édifié cette Cher Mar_Lard regorge d’exemple plus ou moins recevable. Faire fi d’une telle communauté est lui donner raison, comme faire fi au régimes totalitaires ou à la répression est lui donner raison (je ne rentrerai pas dans le débat du non-dit directif mais je n’en pense pas moins) pour autant s’opposer clairement à ce type de comportement demande une manière de faire, une manière que n’ont pas encore trouver les gameuses et ceux qui les défendes.

    Il est vrai qu’il fut fort peu judicieu, dirais-je, d’ainsi se protéger en prévoyant tout cas de réponse et en les parant, les qualifiants de parades anti-geek ou misandrie. Ainsi toute revendication n’est plus nécessaire, car tombant dans le cadre de ce fameux bouclier. Il est vrai que l’attitude de quelques cons (dont j’en ai personnellement fait l’expérience) ruine cette belle communauté soit-disant ouverte, et dire que la plupart des geeks ne la cautionne pas est surement une réalité. Je la rejoint cependant sur le fait qu’entre ne pas cautionner et agir, il n’y a qu’un pas. Nous sommes donc responsable, en tant que communauté, car je maintiens c’est une communauté, d’éduquer nos membres, et pour les plus extrémistes, de leur faire comprendre qu’ils ne sont pas ceux qui domines, qu’ils ne sont pas le standard.

    La ou je te rejoinds et te félicite d’aborder le sujet, c’est le fait de s’attaquer systématiquement à tout ce qui a construit le monde geek, et lui donner la prestance et la culture qui représente aujourd’hui. Maintenant, la création du monde geek n’est pas apparu n’importe quand, il a pris ses racines dans les comics et la pop culture américaine des années 40 à 50, et dans la culture japonaise vidéo-ludique et littéraire. L’informatiques et la technologie, desquels la communauté geek puise sa source, y ont aussi leurs origines, si ce n’est leur essor. Or ces deux Etats sont profondéments patriarcale, misogyne voir sexiste, avec une vision de la femme bien définie, vision qui forcément, se ressent dans ce que ces domaines ont produits, et donc dans les valeurs des communautés qui s’en sont inspirés. Les comics books ont créés l’homme puissant sauveur du monde, né de la nécessité de l’amérique de se construire de nouveaux héros, forcément masculins, puisque la notion de la virilité y est fortement ancré. Il s’agit la beaucoup plus qu’une simple orientation markéting vaseuse qui serait né du panel de clients testostéroné auquels il devaient faire face. Il a s’agit d’un phénomène nécessaire à l’aube d’une guerre et à la sortie d’un Krash économique épouvantable, qui à pris la forme de la mentalité de l’état dans lequel il est Né. Le mouvement qui en découla fut un communauté qui s’est rapidement coupé des codes sociaux, communauté qui s’est accaparé aux EU le mondes des sciences et de l’informatique, et enfin de l’univers videoludique. Pour ce qui est de la culture japonaise et des manga c’est encore plus ancré, le manga et les jeux video représentant bien la mentalité qu’ils affiche (quoi que quelques oeuvres sortent du lot) Entre temps la sociétés et les moeurs ont évolués, donnant à la femme et aux LGBT entre autres plus de droits qu’auparavant, l’immigration à fortement fait évolué les populations, mais le monde geek lui vivait en marge, avec des standards qui lui étaient propres, ces mêmes standards pronants la misogynie et le sexisme, oui, oui. De ce fait, même si au début des années 80, on voyait déja des filles jouer à des jeux vidéos, la communauté s’était déjà forgé une image du geek, et s’était déjà construit sa communauté, d’autant plus rassemblée qu’elle était rejetée par les autres groupes sociaux. C’est pour ça que l’image du geek masculin majoritaire est rester et reste toujours comme une référence dans la représentation du geek moyen, alors que sans doute 47% des geek sont peut-être des geekettes (à vérifier). Dans une société ou mondialisation et argent priment, ce nouveau panel de consommatrice ne pouvaient passer à la trappe, d’ou la production de jeu “typiquement féminins”, mais la communauté était déjà construite selon un format, et le bousculer était extrémement compliqués, et ce combat est encore actuel. C’est le Sempiternel combat Casuals-Hardgamers. Tout ceci pour dire que le sexisme existe bien, quoi qu’on en dise, dans la communauté geek, et tenter de le nier ou de simplement dire “c’est juste une bande de c**, il y en a partout” est une certaine manière de le cautionner. C’est aujourd’hui à force d’être tellement habituer aux c** et à les tolérer qu’il nous gouverne. Maintenant élever la voix contre de manière trop virulente est jouer leur jeu, surtout pour tomber dans le stéréotype de la féministe c***** qui se plein de toute once de masculinité trop prononcé, quitte en fait à ce plus aucun débat ne soit installable, travers qu’elle ne franchi ceci dit pas jusqu’à outrance, même si bien au delà de l’utile.

    Je t’invite donc à considérer ses propos, à bon entendeur Salut (je ferais peut-être un poste sur l’article en question mais je me doute qu’il sera noyé dans un océan d’autre post et donc surement peu ou prou lu)

    Cordialement, Un Malkavien pacifiste.

    • Je t’encourage vivement à publier. Le sexisme reste un sujet de société crucial, en parler permet de faire avancer les débats et d’agir à son encontre. Même si je ne suis pas forcément d’accord avec tes propos ou ceux de Mar_Lard, notre but reste commun.

  3. Je n’ai pas l’impression que “les geeks” soit “un groupe social”. Un groupe social c’est, par exemple, une famille de chimpanzés : Elle a ses règles, on y entre par la naissance ou par l’accouplement, on peut en être banni si on est un mâle quand on a atteint une certaine maturité, on en sort généralement les pieds devant quand on est une femelle, certains membres nourrissent le groupe, d’autres le protègent. Celui-là est vachement sexué et sexiste, mais le mot “groupe” entend “cohésion”, or vous semblez vouloir faire adhérer des gens qui sont connus pour être des électrons libres et leur donner une volonté commune, comme s’ils étaient un seul et unique être doué de raison. Non!
    Geek au sens large, un peu gamer, un peu “vieux jeune”, passionné, je ne garde pas l’impression d’avoir un jour fait partie d’un groupe homogène. Peut-être me suis-je senti proche, spirituellement, de gens par ailleurs solitaires que je n’ai pas approchés, peut-être en ai-je rejeté d’autres et peut-être d’autres ont agi de la même façon que moi, sans collusion aucune. Dans ce cas, nous l’avons fait mus par l’instinct, dans le cadre général de la protection d’un seul, et pas dans le cadre strict de la protection d’un groupe. En aucun cas n’ai-je un jour lu et appliqué le manuel du parfait geek, m’intimant l’ordre silencieux de rejeter le conformisme et la tradition. Non, je l’ai fait parce qu’ils me dégoûtaient, dans l’optique nauséabonde de ma propre révération, narcissique ingénu au teint nacré, à la peau lustrée et à l’ouïe fine quand, couché dans l’herbe tiédie par les rayons divins, j’écoutais doucement pousser l’herbe et les fleurs.
    Picotements…
    Je n’ai pas l’impression que Mar_Lard ait rencontré les “geeks”, dans ses e-événements. J’ai l’impression qu’elle a rencontré ces fameux cons que nous connaissons tous, ceux qui aux salons des vignerons indépendants vont droit au stand Heineken ou Coca-Cola.
    Je n’ai pas lu que son article.
    J’ai lu aussi celui de la fille dont les doigts se posaient naturellement sur W, A, S et D lorsqu’elle approchait un clavier et à qui le démonstrateur a pris le clavier des mains pour lui montrer le dernier FPS de sa marque. Elle n’est pas tombée sur un “geek machiste”, mais sur un “commercial” (il n’existe pas au monde pire engeance que celle-là, des gens qui sont capables de tenir une conversation sensée sur un sujet qui n’a aucun lien avec un processeur graphique, pouah!).
    J’ai lu aussi l’article de celle qui s’est mise à l’écart pendant un événement et s’est fait approcher par un gars qui lui a montré son sexe avant d’entamer sa quatrième phrase. Pareil, je dirais qu’elle non plus n’est pas tombée sur un “geek”. Le vrai geek n’aurait même pas osé s’approcher d’elle, il l’aurait regardée pendant plusieurs heures, de loin, silencieusement. Peut-être se serait-il approché un peu, mais elle serait rentrée chez elle en se demandant si elle n’avait pas frisé l’agression sexuelle de ce taré qui l’aurait matée pendant toute la nuit. S’il a été capable de lui parler, ce n’était pas un geek. C’était autre chose.
    J’ai lu aussi le passage sur la fille qui a été maltraitée pendant tout une semaine de tournoi de Tekken (ou approchant). Là, on est carrément dans le mec qui est capable de conduire une équipe soudée, de s’exprimer en public et de s’adresser à une fille. A une FILLE !!! J’espère qu’elle rigole, là ?!!? Si lui, c’est un geek, moi je suis le fils illégitime de L’ayatolah Khomeini et de Josef Staline, en personne (et un jour va falloir que je fasse mon coming-out, d’ailleurs…)
    J’ai lu l’article du mec qui va dans les événements dans le seul but de tripoter les hôtesses. Bon, je ne prétends pas que ce n’est pas un geek. Je ne prétendrai pas non plus que ce n’est pas un con. Comme dit le philosophe Remy Gaillard, “c’est àen faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui” :o)
    Sur ce, a++

  4. C’est fou comment les gens, devant un même texte, y voient des intérprétations différentes. On ne s’étonne plus de ce qui s’est passé avec la bible (ka-tching, point godwin atteint.) >_>
    Plus sérieusement : je pense que tu devrais, si tu ne l’as pas fait, mettre la main sur certaines des interviews de Mar_Lard, peut-être que tu nuancerais tes propos après l’avoir écoutée. D’ailleurs elle expliquait dans une l’emploi du terme “geek”, qui est certes à débattre.
    Personnellement je n’ai pas senti l’ “agressivité” que pourtant beaucoup se plaisent à décrire. Je crois même que tu n’as pas saisi le problème avec l’article de Joypad sur Tomb Raider, car c’est bien de l’article et non du jeu dont on parle. De mon point de vue, tu généralises des propos et extrapole complètement des idées (le truc avec [ si on aime c'est pour les seins et si on aime pas c'est qu'on s'y identifie pas] par exemple).
    Enfin bon, de toute façon c’est une façon d’attaquer le problème, car dans le fond on s’en fout de qui est geek et qui ne l’est pas, évidemment le problème ne vient pas directement du monde des jeux vidéos…
    Je lirai ton article avec plus d’attention demain car il se fait tard et, je l’avoue, je n’ai que lu quelques passages pour l’instant.
    Une dernière chose cependant : je crois bien que, devant les quantités effarantes de mails qu’elle doit recevoir, des insultes des félicitations et des ouvertures de dialogues, elle ne prend pas le temps d’y répondre. Ca se comprend.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s